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Wolfgang Greger, marin autrichien, observateur de la Réunion depuis 40 ans

La Journée mondiale des gens de la mer porte bien son nom. Indonésiens, Philippins, Thaïlandais, l'équipage international affrété par le groupe Lafarge sillonne les mers de l'océan Indien depuis bientôt un an. Parmi eux, dans un anglais parfait, Wolfgang Greger, ingénieur en chef sur le navire, nous livre sa vision d'une île qu'il voit grandir depuis...1973.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 23 juin 2011 à 18H25

 

"Ce qui m'étonne à chaque fois que je viens ici c'est de voir les petits toits, au loin, des maisons qui gagnent les flancs des montagnes. On le voit très bien depuis l'entrée du bateau au port". C'est avec un regard d'observateur détaché, lui qui cumule les escales depuis 40 ans, que Wolfgang Greger livre ses impressions sur cette île "si proche de l'Europe finalement".

Ce matin, l'escale de son équipage au Port Est a coïncidé avec la tenue d'une cérémonie d'hommage aux "gens de la mer". Le Préfet Michel Lalande, accompagné du président de Région et d'autres élus locaux, a félicité le travail effectué par les bénévoles du centre international d’accueil des marins du Port. Une structure qui relève le défi de proposer des menus services aux marins en escale à la Réunion (voir [notre article]urlblank:http://www.zinfos974.com/Une-journee-pour-penser-aux-marins-en-escale-a-la-Reunion_a29857.html ).

"C'est l'Europe ici"

"Ma première escale dans le port de la Réunion, c'était en 1973", lâche le marin d'origine autrichienne. "J'ai conservé de mes multiples excursions quelques vidéos filmées par mes soins". Le loup d'mer est accompagné de sa femme thaïlandaise, prénommée Yod.

"Cela fait 27 ans que je vis en Thaïlande". Pour des raisons professionnelles puisque son bateau a son port d'attache à Singapour mais aussi parce qu'en Autriche, seul lui reste un frère.

Sur l'aspect communicationnel avec les locaux, l'Autrichien, parfaitement bilingue, dresse un constat sévère. "Il est difficile de trouver des personnes à qui parler en anglais. A Maurice, c'est sûr, ils parlent plus anglais mais au fil des années je constate que le niveau baisse". "Le bateau y fait escale aussi très souvent, comme à la Réunion ou les Seychelles", explique-t-il.

Mais faisant fi de ces difficultés, la carte postale de l'île intense joue à plein. "La première chose que j'ai faite lors de ma première escale il y a près de 40 ans, c'est d'aller voir le volcan. C'est impressionnant. Aussi le fait qu'il n'y pas grand monde, pas d'habitations. Mais autrement, quand je suis en ville comme ce matin, j'ai l'impression de me retrouver en Europe", commente-t-il. Deux secondes plus tard, un motard sur une grosse cylindrée se fait entendre rue du général Emile Rolland (là où se trouve le Centre international d'accueil des marins). "Ah oui, il y a aussi toutes ces voitures", rigole-t-il. "C'est vraiment l'Europe".

Il faut déjà mettre les voiles

Le parallèle est tout trouvé avec Mayotte, lieu de la prochaine destination de l'équipage. "Là-bas, c'est différent. On ressent plus la présence d'une culture africaine. Et il y a aussi le fait que la religion dominante soit musulmane. Si Mayotte est devenue encore plus française, les mentalités, elles, ne changeront pas", avoue-t-il, du haut de son expérience de voyageur inlassable.

Un point de vue qu'il pourra de nouveau conforter dans quelques jours. Son navire, mené de main de maître par le capitaine Domni, originaire des Philippines, doit encore livrer ses stocks de ciment.       

Après Mayotte, il sera enfin temps de rentrer à la maison, ou presque, dans le port d'attache, à Singapour. Une si longue expédition d'une année est très rare. "D'habitude, nous restons en mer pour environ six mois, pas plus". Malheureusement pour Wolfgang, l'heure réunionnaise a sonné. Son navire cimentier quitte le Port Est à 18h ce jeudi soir.

 

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