WhatsApp, TikTok, emails : aucune communication n’échappait à la surveillance du gouvernement à Maurice

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a dévoilé des informations explosives sur un vaste système de surveillance de masse mis en place à l'île Maurice sous l’ancien gouvernement du Mouvement socialiste militant (MSM), dirigé par Pravind Jugnauth. Ces révélations ont été faites lors de la séance de questions au gouvernement.
Selon les conclusions préliminaires d’une enquête menée par des experts internationaux en collaboration avec la police mauricienne, l’ancien gouvernement aurait mis en place un dispositif de surveillance électronique capable d’intercepter les communications de milliers de citoyens à l'île Maurice. Parmi les cibles figurent des personnalités politiques, des fonctionnaires, des magistrats et des diplomates.
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Navin Ramgoolam a rappelé que la population de l'île Maurice avait déjà été bouleversée en octobre 2024 par les révélations des "Moustass Leaks". Selon les informations du média mauricien L'Express, ces fuites d’informations avaient mis en lumière un système capable d’espionner non seulement les appels téléphoniques, mais aussi les échanges sur les réseaux sociaux tels que Facebook, WhatsApp et TikTok, ainsi que les courriers électroniques.
Les experts missionnés par le gouvernement mauricien ont été stupéfaits par l’ampleur du dispositif. "C’était un outil de surveillance d’une ampleur sans précédent", a affirmé le Premier ministre. Le système permettait d’intercepter toutes les communications, y compris celles échangées via des applications réputées sécurisées comme Signal et WhatsApp.
Une surveillance systématique de la population
Le chef du gouvernement a précisé que plusieurs sites étaient consacrés à ces écoutes, preuve que la surveillance ne visait pas seulement quelques individus, mais bien l’ensemble de la population de l'île Maurice. Les données interceptées étaient stockées et analysées par un système gouvernemental, avant d’être exploitées à des fins encore non élucidées, précise L'Express.
Le coût de cette infrastructure de surveillance atteignait 110 millions de dollars, soit plus de 5,2 milliards de roupies mauriciennes. Une entreprise basée à Dubaï, PertSol, était rémunérée à hauteur de 7,5 millions de dollars par an pour son entretien.
Des tentatives de destruction de preuves avortées
Navin Ramgoolam a également révélé que des efforts visant à effacer les traces de ce système avaient été engagés dès novembre 2024, peu après la défaite du MSM aux législatives. Toutefois, les experts internationaux en cybersécurité engagés par le gouvernement actuel seraient en mesure de restaurer les données supprimées.
Ces informations pourraient d’ailleurs jouer un rôle clé dans plusieurs affaires judiciaires en cours, notamment celles liées aux décès de Soopramanien Kishnen et Pravin Kanakiah. "Nous identifierons ceux qui ont détruit les preuves et ils devront répondre de leurs actes devant la justice", a averti Navin Ramgoolam.
Enfin, pour s’assurer que le gouvernement actuel ne soit pas lui-même sous surveillance, des experts américains ont été dépêchés à Maurice afin d’auditer les systèmes en place. Une initiative qui témoigne de la gravité du scandale et de l’ampleur des soupçons qui pèsent sur l’ancien pouvoir.


