Volcan : de faibles émissions de lave observées, une réalimentation de la plateforme possible

L’éruption débutée le 13 février et qui avait marqué une pause entre le 25 mars et le 28 mars, a repris ce samedi. Depuis, l’activité se poursuit sur le flanc sud-sud-est du volcan, avec de faibles émissions de lave observées au niveau du cône éruptif, selon l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise.
Dans son dernier communiqué, l'observatoire indique que le site éruptif se situe toujours sur le flanc sud-sud-est du volcan, à environ 2056 mètres d’altitude, au niveau du cône formé entre le 13 février et le 25 mars. L’activité a repris progressivement dans l’après-midi du 28 mars. Durant la nuit suivante, un dégazage et de faibles projections de lave étaient observés au niveau du cône.
L’activité en tunnels de lave a également repris en aval du cône, avec des résurgences visibles au niveau du champ de lave mis en place entre le 13 février et le 25 mars. Ces résurgences étaient de nouveau visibles dans les Grandes Pentes à partir de 23h42 le 28 mars, sur le bras principal sud. À ce stade, seule la coulée principale sud est de nouveau alimentée.
Une activité qui pourrait atteindre la plateforme en mer
Avec la reprise de l’activité et la réalimentation des tunnels de lave, une réalimentation de la plateforme formée entre le 16 et le 25 mars reste possible. Une intensification du panache de gaz au point d’entrée de la lave dans l’océan est également envisagée.
Même si son intensité est plus faible, un panache de gaz est toujours présent au niveau de l’entrée de la lave dans l’océan. Ce panache est principalement constitué de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique et de particules fines. Lorsque la lave, à une température d’environ 1130 °C, entre en contact avec l’eau de mer riche en chlorure de sodium, elle provoque la formation d’un aérosol acide sous forme de fines gouttelettes en suspension. Ce panache contient également des particules de lave pulvérisée et des fragments de verre volcanique, pouvant être transportés sur plusieurs centaines de mètres à plusieurs kilomètres sous l’effet des vents.
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Ce panache, appelé « laze » (pour lava haze), peut présenter un caractère irritant et corrosif pour les voies respiratoires, la peau et les yeux. Sa dispersion dépend étroitement des conditions météorologiques locales.
Par ailleurs, le contact entre la lave et l’eau peut générer des explosions localisées, projetant des matériaux en fusion et des jets de vapeur à haute température à proximité immédiate du point d’entrée en mer. Des explosions pourraient également se produire en cas de déstabilisation de la plateforme. Cette plateforme, composée d’une accumulation de coulées de lave et de fragments rocheux, reste très instable et fragile. En cas de déstabilisation brutale, des explosions d’intensité variable pourraient survenir.
Sismicité profonde et inflation de l’édifice
Sur le plan instrumental, lors de l’arrêt de l’éruption entre le 25 et le 28 mars, la sismicité sommitale est restée faible, mais une sismicité profonde a été enregistrée à l’ouest du cratère Bory, entre 6 et 7 kilomètres sous le niveau de la mer. Cette sismicité profonde témoigne généralement d’une remontée de magma vers le réservoir superficiel situé à environ 1,5 à 2 kilomètres de profondeur sous le sommet.
En parallèle, une légère inflation de l’édifice volcanique a été enregistrée au cours des trois derniers jours, signe d’une remise en pression du réservoir de magma superficiel.
L’intensité du trémor éruptif, indicateur du flux de lave et de gaz, a augmenté progressivement lors de la fin de journée du 28 mars, avant de se stabiliser puis d’augmenter légèrement à nouveau en ce début de journée.
Des débits de lave inférieurs à 4 m³ par seconde
Les débits de lave en surface, estimés à partir des données satellites via la plateforme HOTVOLC (OPGC – Université Clermont Auvergne), indiquent depuis la reprise d’activité des valeurs inférieures à 4 m³ par seconde. L’Observatoire précise toutefois que ces estimations peuvent varier fortement en fonction de la couverture nuageuse et devenir nulles en cas de couverture nuageuse totale. Par ailleurs, l’activité en tunnels de lave tend à minimiser les valeurs de débits observées par satellite.


