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Violences urbaines : "Où est l’État ?", interpelle Patrice Selly

Ecrit par Zinfos974 – le lundi 19 octobre 2026 à 08H19

Après les dégradations contre la gendarmerie de Bras-Fusil, le maire de Saint-Benoît condamne les violences et met en cause la stratégie de l’État. Patrice Selly réclame une réponse ferme, davantage de prévention et des mesures concrètes contre la vie chère.

"S’attaquer à une gendarmerie, c’est s’attaquer à la République." Dans un communiqué envoyé dimanche en fin de journée consacré aux violences qui ont touché plusieurs communes de La Réunion, Patrice Selly dénonce en premier lieu les dégradations commises contre la brigade de gendarmerie de Bras-Fusil, à Saint-Benoît.

Le maire condamne des actes de "vandalisme, de destruction et d’intimidation". "Mettre en danger des familles, des habitants et des commerçants, c’est franchir une ligne rouge qui ne saurait être tolérée", affirme-t-il. Il exprime son soutien aux gendarmes, aux policiers municipaux, aux habitants et aux commerçants confrontés à ces événements.

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"L’État doit cesser de courir derrière les événements"

Au-delà de la condamnation, Patrice Selly interpelle directement les pouvoirs publics. "Où est l’État ? Quelle est sa stratégie ? Et combien de temps encore La Réunion devra-t-elle subir une politique qui semble davantage gérer les crises que les prévenir ?"

Pour l’élu, les déclarations d’indignation ne suffisent plus. Il demande une présence permanente sur le terrain, des moyens adaptés et une politique associant sécurité et prévention.

"L’État doit cesser de courir derrière les événements. Il doit reprendre l’initiative et assumer pleinement sa responsabilité de garantir l’ordre public et la sécurité des Réunionnais", insiste le maire.

Dans la nuit de samedi à dimanche des individus ont tenté d'incendier la gendarmerie, mettant en danger les habitants de l'immeuble, un temps évacués (photo Facebook Ridwanne Issa).

"La colère n'est pas un fond de commerce électoral"

Patrice Selly s’en prend également, sans citer de noms, aux responsables politiques qu’il accuse d’exploiter les frustrations et les divisions à des fins électorales.

"À ceux qui attisent le feu dans les discours avant de condamner les flammes dans les communiqués, je dis : la politique n’est pas un jeu et la colère du peuple réunionnais n’est pas un fonds de commerce électoral !"

Selon lui, les auteurs de pillages et de destructions pénalisent d’abord les familles modestes, fragilisent les quartiers et endommagent les équipements et les services nécessaires à la population.

Sécurité et justice sociale

Le maire reconnaît toutefois la souffrance liée à la vie chère, aux inégalités et à la précarité. Il estime que ce sentiment d’abandon exige des réponses concrètes.

"Mais la misère n’excuse pas la violence, pas plus que la violence ne doit servir de prétexte pour ignorer la misère", souligne-t-il.

Patrice Selly demande donc à l’État une réponse ferme contre les auteurs de violences, accompagnée d’un changement de stratégie : davantage de sécurité, de prévention et de mesures contre la vie chère.

"L’ordre républicain et la justice sociale ne s’opposent pas : ils sont les deux conditions indispensables de la dignité réunionnaise", conclut-il.

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