Violences faites aux femmes : l’UFR critique le recours au plaider-coupable

L’Union des Femmes Réunionnaises alerte sur les risques du recours au plaider-coupable dans les affaires de violences faites aux femmes et appelle à une réponse judiciaire plus ferme.
L’Union des Femmes Réunionnaises exprime sa « vive inquiétude » et alerte sur les dérives possibles du recours au plaider-coupable (CRPC) dans les affaires de violences faites aux femmes.
Dans un communiqué, l’association reconnaît que ce dispositif peut désengorger les tribunaux et accélérer le traitement des dossiers, mais estime qu’il « soulève de graves interrogations lorsqu’il est appliqué à des faits de violences de genre ». Elle rappelle que ces violences « ne sont ni des délits ordinaires ni des contentieux comme les autres » et relèvent de mécanismes de domination et d’emprise.
L’UFR met en garde contre une logique qu’elle juge trop transactionnelle, où les mis en cause peuvent être incités à reconnaître les faits en échange d’une peine négociée. Selon elle, cela risque de banaliser les violences et d’en affaiblir la portée pénale et symbolique.
Un sentiment d'invisibilisation des victimes
L’association insiste aussi sur l’impact pour les victimes, privées d’un procès public, moment essentiel de reconnaissance et de compréhension des faits. L’absence de débat contradictoire limiterait la lecture des situations d’emprise et pourrait renforcer un sentiment d’invisibilisation ou d’injustice.
Dans un contexte de fortes préoccupations à La Réunion, l’UFR appelle à une réponse judiciaire « exemplaire, lisible et dissuasive », ainsi qu’à un renforcement des moyens et de la formation des acteurs judiciaires.
Enfin, elle réitère sa demande d’une loi-cadre contre les violences faites aux femmes et appelle à renoncer à l’usage du plaider-coupable dans ces affaires, plaidant pour des procédures garantissant pleinement les droits et la reconnaissance des victimes, affirmant que « les violences faites aux femmes ne peuvent être traitées à la marge ».


