Violences conjugales : "Il faut passer à la vitesse supérieure puisqu'il continue de violenter ses compagnes"

Tout commence par un simple message sur un téléphone. Le 26 octobre dernier, alors que Rakib H. et sa compagne circulent sur la route du Littoral, cette dernière découvre qu’il échange des textos avec une autre femme. Tandis qu'elle conduit, une dispute éclate, au cours de laquelle il la menace de la frapper si elle tente de se défendre.
Arrivés à Saint-Denis, ils s’arrêtent, et cette fois, Rakib H. attrape sa compagne par les cheveux et la traîne au sol, sous les yeux de témoins choqués. Un passant intervient pour mettre fin à cette scène de violence. Il appelle la police et explique que, malgré son intervention, l’agresseur "ne lâche pas prise". "Il lui a tiré les cheveux au moins cinq fois", indique le témoin. Rakib H., qui a pris la fuite en voiture, est finalement interpellé puis placé en garde à vue. Lors de ses auditions, il nie les faits.
"Comme une poupée de chiffon"
À la barre, le prévenu change de version et admet "lui avoir tiré les cheveux". Les témoignages décrivent une scène violente où il "la traîne comme une poupée de chiffon". Interrogée par le président, la victime, présente à l’audience, minimise les faits, parlant "d'une dispute de couple pour un motif futile" et affirmant ne pas craindre une récidive, convaincue qu’il a pris conscience de son erreur.
"Vous savez qu'il a déjà été condamné trois fois pour des violences conjugales, cela ne vous inquiète pas ?", interroge le procureur de la République. "Non, pas du tout, je sais qu’il va changer", répond la victime avec assurance. Le prévenu affiche en effet 11 mentions à son casier judiciaire, dont trois pour des violences.
Le procureur déplore que les violences conjugales soient "trop souvent banalisées par l’auteur, mais également par la victime". Il souligne que "les violences ont été commises en public, signe de la toute-puissance de l’auteur", et conclut : "Il faut passer à la vitesse supérieure puisqu’il continue de violenter ses compagnes." Le parquet requiert une peine de 30 mois de prison, la révocation de 5 mois de sursis et le maintien en détention.
La défense qualifie la peine requise de "disproportionnée" et plaide pour "une peine assortie d’un sursis probatoire et un stage de sensibilisation aux violences conjugales", rappelant que le prévenu "reconnaît les faits, ainsi que sa problématique d'alcool".
Après délibération, le tribunal condamne le prévenu à deux ans de prison, révoque le sursis de cinq mois et ordonne son maintien en détention.


