Violences conjugales : "C'est un vrai constat d'échec de la justice à prévenir la récidive"

Malheureusement, lorsqu'il s'agit de violences conjugales, il est des habitudes qui ont la dent dure. Jimmy C. fait partie de ces personnes qui ne comprennent pas les messages de la justice. En effet, son casier fait état de 11 mentions dont 6 pour des violences, la dernière date du 25 juin dernier où il a écopé de six mois de prison ferme plus une interdiction de contact avec sa compagne qui était déjà sa victime. Cette fois, il lui est reproché d'avoir pénétré par le balcon chez son ex-compagne à Saint-Denis le 5 septembre alors qu'elle lui avait expressément demandé de ne plus la contacter. Malgré une interdiction de contact, il a décidé de venir chez elle alors qu'il était très alcoolisé. Dans un premier temps, il la croise dans le couloir de l'immeuble et se fait éconduire. C'est là qu'il décide de passer par le balcon.
Dès qu'elle le voit, elle s'enferme dans sa chambre et demande à son fils de 15 ans de faire sortir le prévenu. Très agressif, il casse la poignée de la porte et tape dessus avec force pour qu'elle lui ouvre. L'adolescent parvient à le faire sortir de chez eux, et le faire redescendre en bas de l'immeuble. Jimmy C. appelle l'ado et lui demande de descendre pour parler. Le jeune accepte. Toujours très énervé, Jimmy C. finit par s'en prendre à lui en lui ascendant un coup de poing. Pas de chance pour lui, le jeune ne se laisse pas faire, lui assène un violent coup de poing et appelle la police. À la vue de son palmarès, l'agresseur est placé en garde à vue puis jugé en audience de comparution immédiate. Lors des auditions, la victime fait aussi état de violences aux mois de juillet et aout dernier auxquelles le prévenu doit également répondre.
"Il a été condamné le 25 juin dernier pour des violences sur la même victime"
À la barre, concernant les faits du 5, sa position est plus que claire, il ne se souvient de rien, sauf de l'altercation avec le fils de son ex-compagne. Sur le chapitre de l'interdiction de contact, c'est elle qui a repris contact avec lui : "Elle m'a appelé deux, trois jours avant. J'avais acheté des courses et on s'est vu", explique-t-il au tribunal. Il finit, sous l'insistance de la présidente, par reconnaitre avoir mordu le doigt de son ex-compagne et lui avoir porté des coups au mois de juillet. "C'est un vrai constat d'échec de la justice à prévenir la récidive", reconnait la procureure. "il a été condamné le 25 juin dernier pour des violences sur la même victime et, malgré cela, il reprend contact avec elle alors qu'il est sous le coup d'une interdiction de contact et de paraitre à son domicile", continue la magistrate qui appuie ses propos par le casier judiciaire du prévenu : "Il a 11 mentions à son casier dont 6 pour des violences". Le parquet requiert une peine de 18 mois de prison avec maintien en détention et demande la révocation total du sursis précédent.
"Il est en situation de précarité suite à une enfance extrêmement difficile dont il est ressorti marqué à jamais", répond la défense. "Il est difficile pour lui de parler aujourd'hui. C'est une situation d'échec malheureusement évidente" reconnaît la robe noire qui conclue : "C'est madame qui tend la perche et lui, il est tombé dans le piège, l'alcool aidant". La défense demande au tribunal une peine aménageable sous bracelet électronique, "pour lui permettre de garder son emploi". Après délibération, faute d'éléments, le tribunal relaxe Jimmy C des faits de violences du mois d'aout, mais le déclare coupable du surplus. Il est condamné à 15 mois de prison plus la révocation de 4 mois du sursis en cours, le tout assorti d'un maintien en détention.


