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Violence entre bandes rivales au Chaudron : un jeune agressé à coups de béquille dans un bus

Ecrit par Régis Labrousse – le mardi 31 décembre 2024 à 08H00

Un très jeune majeur comparaissait devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de violences en réunion dans un transport collectif, commis en récidive. Il est important de noter que l’audience a été suspendue par le président afin de respecter une minute de silence en hommage aux victimes du cyclone Chido à Mayotte.

L’affaire de violences en réunion qui occupait le tribunal correctionnel en début de semaine a mis en lumière la problématique des bandes qui gangrènent certains quartiers. Les faits, survenus le 21 novembre dernier au Mail du Chaudron, se distinguent par leur violence et leur intensité. Un jeune homme a été violemment agressé par plusieurs individus – un jeune majeur et des mineurs – dans un bus. Alors que celui-ci s’arrêtait, une bande est montée à bord et s’est dirigée directement vers la victime, rouée de coups à l’aide d’une béquille, d’une ceinture munie d’une boucle métallique et de sacoches remplies de galets.

"On les surveille comme le lait sur le feu"

La scène, qui n’a duré qu’une trentaine de secondes, a été décrite par de nombreux témoins encore sous le choc. Ces témoignages ont permis aux enquêteurs d’identifier et d’interpeller les agresseurs. La victime s’en sort avec une luxation de l’épaule, de nombreuses plaies et 21 jours d’ITT. Les investigations et les auditions ont révélé un contexte de rivalité entre deux bandes : Moufia Zoo et B13. Alertés sur ces pratiques, des agents de la BAC étaient en surveillance ce jour-là, permettant une intervention rapide. "On les surveille comme le lait sur le feu, car quand ça part, ça part très fort", a déclaré un agent de police.

"Donc ça ne s’arrête jamais"

Après plusieurs interpellations, le majeur a été jugé en comparution immédiate, tandis que les mineurs seront présentés devant le tribunal pour enfants en janvier. Ces derniers ont été placés en détention provisoire. Bien qu’il ait nié les faits pendant sa garde à vue, Ismael A. les a reconnus à la barre, à la surprise de son avocate. Peu loquace, il a admis l’existence d’une rivalité entre bandes, expliquant que la victime et ses amis l’avaient pris à partie alors qu’il se trouvait avec une fille. "Donc ça ne s’arrête jamais", a déploré le président, soulignant que la victime faisait partie des B13. Le magistrat a ensuite précisé que le prévenu, debout sur un siège, frappait avec une béquille. "Selon un des mineurs, c’est une guerre de groupes", a ajouté la procureure.

"C’est un acte particulièrement violent"

"Notre société n’est pas en guerre et nous ne tolérons pas ce genre de comportements", a déclaré la magistrate. "Il a été le premier à se ruer dans le bus pour frapper la victime. C’est un acte particulièrement violent", a-t-elle conclu, en requérant 30 mois de prison, dont 12 avec sursis probatoire, et un maintien en détention. La défense a regretté que "rien ne se soit passé entre le 22 novembre et le 17 décembre, date de l’interpellation", et a plaidé pour une peine mixte assortie d’un suivi.

Après délibération, le tribunal a condamné le prévenu à deux ans de prison, dont un an de sursis, avec maintien en détention. Il lui est interdit d’entrer en contact avec la victime et les co-auteurs.

Etiquettes : Justice

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