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Vincent Défaud soutient la candidature présidentielle de Delphine Batho pour Génération Écologie

Ecrit par N.P. – le mercredi 26 novembre 2025 à 15H32

Dans une tribune, Vincent Défaud, référent Outre-mer et Réunion de Génération Écologie, annonce son soutien à la candidature de Delphine Batho pour la présidentielle de 2027. Il défend sa vision d'une écologie de gouvernement fondée sur la décroissance, la justice sociale et la lutte contre la "profitation". Il relaye également le fait que les Outre-mer ont un rôle central à jouer face aux crises environnementales et sociales.

La tribune :

En tant que référent Outre-Mer et Réunion de Génération Écologie, j'apporte publiquement mon soutien à la candidature de Delphine Batho à l'élection présidentielle de 2027.

Dans son entretien au Nouvel Obs, Delphine Batho annonce sa candidature avec un objectif clair : "reconstruire une écologie capable de gouverner" et refuser la disparition de l'écologie politique au premier tour. Pour nous, ultramarins, qui sommes en première ligne face aux dérèglements climatiques, à l'effondrement de la biodiversité, aux pollutions, à la profitation et aux inégalités sociales, ce choix est décisif. Nous refusons que nos territoires restent des zones de relégation, où quelques-uns s'enrichissent pendant que la majorité subit les conséquences sociales, environnementales et sanitaires de ce système.

L'ancienne ministre refuse à juste titre qu'il n'y ait plus de bulletin écologiste au premier tour, ce qui reviendrait à « tirer une balle dans le pied de toutes les forces citoyennes qui se battent sur le terrain» et à nier la notion même d'écologie politique. Génération Ecologie a donc choisi de présenter sa candidature, non par logique individuelle, mais pour empêcher "l'autodissolution" de l'écologie dans des combinaisons partisanes sans contenu.

Delphine Batho pose un constat que je partage : "les écologistes sont rejetés, mais pas l'écologie. Il y a un potentiel énorme." À La Réunion comme dans l'ensemble des Outre‑Mer, les mobilisations contre les pollutions, contre la profitation, pour la protection de l'eau, des espaces naturels, des milieux marins, montrent que cette conscience écologique et sociale est bien vivante. Ce qui manque, c'est une écologie de gouvernement, crédible, qui assume les choix nécessaires et s'attaque frontalement aux logiques de prédation et de rente.

La députée des Deux-Sèvres assume une ligne de décroissance comme "véritable radicalité", intégralement non violente, seule compatible avec la sécurité climatique, la protection de notre eau et de notre alimentation. Elle le dit clairement : on ne peut plus se contenter d'une "écologie corrective" et d'un récit de "transition en trente ou cinquante ans" alors que le seuil de 1,5 °C de réchauffement sera dépassé avant 2030.

Pour nos territoires insulaires, directement menacés par la montée des eaux, la fragilisation des écosystèmes et la dépendance aux importations, ce discours de vérité est indispensable. Mettre fin à la profitation, c'est aussi relocaliser nos productions essentielles, sécuriser notre alimentation, notre eau, notre énergie, et sortir de la dépendance qui nous fragilise.

Delphine Batho propose de refonder l'écologie politique autour de deux piliers que je juge centraux pour La Réunion et les Outre‑Mer :

- La santé : une eau non polluée, une alimentation qui ne nous empoisonne pas et la lutte contre les causes de l'explosion des maladies environnementales, dont la logique de profitation est largement responsable.

- La sécurité au sens large : sécurité physique face aux impacts du changement climatique, sécurité de la nation et de l'Europe dans un contexte géopolitique menaçant, sécurité sociale pour réduire les inégalités, garantir une vie digne et sortir des millions de Français, y compris Outre‑Mer, de la pauvreté. Là encore, affronter la profitation est une condition pour rétablir la justice sociale et la dignité.

Delphine Batho porte également une parole claire sur les questions régaliennes : "On peut être écologiste" et "ne pas avoir de complaisance pour les black blocs et la violence", être écologiste et soutenir la lutte contre le narcotrafic.

Par ses votes à l'Assemblée nationale, en refusant la "politique du pire" et une "stratégie du chaos permanent" qui profite à l'extrême droite, elle a montré ce que signifie vouloir réellement gouverner, en se déterminant en fonction de l'intérêt général plutôt que des calculs partisans.

Je partage enfin son refus des stratégies uniquement défensives et des appels abstraits à "l'unité" qui masquent un vide programmatique. Elle rappelle : "On ne gagne pas une élection présidentielle en France en voulant faire barrage au RN. On la gagne parce qu'on a un projet de transformation du pays et qu'on a une crédibilité sur la capacité à le mettre en œuvre."

Ce projet existe : décroissance, santé, sécurité, justice sociale, fin de la profitation, reconstruction d'une écologie de gouvernement. En 2027, il ne pourra pas s'agir seulement de « faire barrage », mais de choisir un cap.

Pour La Réunion, pour les Outre‑Mer et pour l'ensemble du pays, le cap porté par Delphine Batho est celui qui prend le plus au sérieux la réalité de la crise écologique et sociale, et la nécessité d'y répondre par une transformation profonde, démocratique et non violente, qui rompt avec les logiques de profitation et de destruction du vivant.

C'est pourquoi, en tant que référent Outre‑Mer et Réunion de Génération Ecologie, j'appelle les Réunionnaises et les Réunionnais, ainsi que l'ensemble de nos concitoyennes et concitoyens ultramarins, à se mobiliser autour de sa candidature, et à faire entendre une écologie de gouvernement, populaire, exigeante, décoloniale, et résolument engagée contre toute forme de profitation, au cœur de l'élection présidentielle.

Lire aussi : Vincent Defaud : "Bâtir une souveraineté alimentaire respectueuse de l'environnement à L’Étang-Salé pour La Réunion"

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