Vie chère : le gouvernement reporte l’examen du projet de loi Outre-mer

Attendu de longue date, le texte censé s’attaquer à la flambée des prix dans les territoires ultramarins n’arrivera pas tout de suite à l’Assemblée nationale. En visite à La Réunion, la ministre Naïma Moutchou a annoncé vouloir « muscler » le projet avant sa présentation aux députés.
Le projet de loi contre la vie chère dans les Outre-mer ne sera pas examiné comme prévu en décembre. En déplacement à La Réunion, Naïma Moutchou a préféré temporiser, selon l'AFP. La ministre des Outre-mer veut « se donner du temps » pour revoir le texte, estimant que la version adoptée par le Sénat fin octobre « ne va pas assez loin ». Une main tendue aux parlementaires ultramarins, invités à contribuer à une nouvelle mouture plus concrète pour le quotidien des ménages.
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Le texte, amorcé il y a plusieurs années et relancé par le gouvernement Lecornu, avait été accueilli sans enthousiasme au Sénat, jugé trop limité face à l’ampleur du problème. Dans plusieurs territoires, le coût de la vie continue de peser lourd sur les familles : selon l’Insee, certains produits alimentaires sont jusqu’à 40 % plus chers qu’en métropole, avec des hausses de 30 à 35 % sur dix ans en Guadeloupe et en Martinique. Voire même 37% à La Réunion. Un constat qui illustre la faiblesse persistante de la concurrence et la dépendance logistique des marchés ultramarins.
À La Réunion, où la ministre poursuit sa visite, l’annonce est perçue comme une volonté de calmer les inquiétudes tout en reprenant la main sur un dossier politiquement sensible. Car la ministre a aussi confirmé que deux réformes prévues dans le budget 2026 – la révision de la défiscalisation et celle des exonérations de charges patronales Lodéom – étaient abandonnées. Ces dispositifs, piliers du soutien économique ultramarin, devaient initialement être réduits pour faire économiser 650 millions d’euros à l’État.


