Vie a bord d'Europa

Comment résister à l'envie d'embarquer sur un grand voilier centenaire, je n'ai pas pu, l'escale à la Réunion de l'Europa et de l'Oosterschelde en a ete l'opportunité. Après un bref moment d'hésitation je me suis decide à partir dans cette merveilleuse aventure.
Je suis monté à bord le samedi 15 à 14h. Tout de suite accueilli par le second Luka, il m'a attribué une cabine, elle m'est tout de suite apparue très confortable, bannette spacieuses douche et toilettes, placards de rangement.
Peu après, les six nouveaux venus de la Réunion étaient appelés sur le pont pour les consignes de sécurité, puis sans plus attendre nous avons été les uns et les autres répartis dans un des trois Quart (période de participation aux activités de bord). Chaque passager devient un membre d'équipage à part entière.
Au cours des quarts, nous devons participer aux multiples manœuvres comme tenir la barre, être à la vigie, c'est à dire scruter l'horizon pour avertir de tout événement : passage de dauphins, de baleines, d'oiseau, mais aussi hisser ou descendre les voiles, éplucher les pommes de terre, etc.
Le 10 juin, Marc, l'un des pilotes de la Reunion, qui plus est passionné de voiliers, monte à bord et à 16h15, nous larguons les amarres. Prudemment le bateau quitte le quai 8, le rêve peu a peu se materialise. Une fois sorti du port, le pilote quite notre bord pour rejoindre l'Oosterschelde pour l'amener hors du port.
Les deux voiliers auraient aimé passer devant le barrachois mais le vent n'était malheureusement pas favorable donc cap sur Maurice, l'île sœur. Toutes voiles dehors, notre vitesse a varié de 4 à 8 nœuds mais le vent et la houle nous ont écarté de la route directe, nous avons mis 30 heures pour parcourir 138 miles. Bien que la mer fut un peu houleuse, Le bateau est apparu très confortable, il ne roulait pratiquement pas (mouvement de droite a gauche) mais tanguait un peu (mouvement d'avant en arrière), c'était supportable pour tout le monde. Je crois qu'une seule personne a eu un léger mal de mer. Tout au long de la traversée, le temps était rythme par les quarts, les repas et les périodes de repos.
Nous lions peu a peu connaissance avec les membres d'équipage. Il n'y a pas moins de 10 nationalités (plus une : une bretonne), hollandais, allemands, anglais, écossais, irlandais, américains, canadiens, australiens, sud africains et réunionnais. Il y a deux types d'équipage, les permanents en formation pour manœuvrer les grands voiliers et les passagers tous des passionnés de la mer, tout le monde participe aux tâches.
À bord nous avions un personnage remarquable, une gramoune anglaise de 79 ans qui voulait boucler son tour du monde à la voile, il ne lui reste plus qu'à faire la Réunion Australie et le tour sera bouclé. Il fallait voir cette minuscule bout de femme tirer sur les cordes, tenir la barre, faire mille et une tâche, et toujours avec le sourire.
Nous sommes arrivés à 21h à Port Louis. L'entrée jusqu'à Caudan se fait sans pilote. À notre grand regret nous n'étions pas autorise à mettre un pied à terre l'Oosterschelden nous avait devance d'une heure trente, celui-ci étant légèrement plus rapide et facile à manœuvrer.
Le Tecla, troisième voilier etait amarre tout pres de nous, ayant eu des problèmes techniques, il avait préfère rallier directement Maurice sans faire escale à la Réunion a son grand regret.
Les formalités n'en finissent pas ici, ce n'est pas comme a la Réunion, la liste d'équipage avait été transmise des que la decision des capitaines des voiliers de faire escale chez nous, c'est a dire trois jours avant l'arrivée, la douane et l'immigration ont donnés le feu vert pour permettre aux passagers d'aller a terre en moins d'une heure. Cela a été loin d'être le cas à Maurice.
La douane et la police passèrent tôt mais le service d'immigration se faisait attendre donc impossible de quitter le bateau, de même pour l'Oosterschelden. En fin de matinée le service d'immigration nous donne rendez vous dans un restaurant le long des quais, à mi chemin de leur bureau et de notre bateau (nous n'avons pas bien compris la logique) pour tamponner nos passeports. Bref le tampon bien net en poche, nous étions libre de circuler.
Le soir même nous appareillons pour Grand Port (Mahebourg). Navigation de nuit par le sud de l'île, nous n'avons fait qu'apercevoir le Morne. Et vers 10h, nous traversons la passé des danois et mouillons (ancrons) devant l'île de passé. Baignade autour du bateau, puis nous quittons notre mouillage pour nous rapprocher du débarcadaire afin que les hollandais puissent se rendre devant le monument en souvenir de Mauritius, le hollandais qui découvrit l'île Maurice.
Le soir nous avons eu un énorme barbecue pour griller la dorade de 14kg que nous avions pêche en venant de la Reunion.
Une nuit de repos et retour pour Port Louis par le nord. Au petit jour nous découvrons les îles Point de mire, serpent, plate et les deux autres dont j'ai oublié le nom. Nous devions rejoindre les deux autres voiliers (Oostrechelden et Tecla) pour rentrer à Port Louis avec les remorqueurs qui nous souhaitaient la bienvenu avec leurs lances à incendie. Sur le quai, nous attendait le premier ministre et plein d'officiels. Les discours finis, nous étions conviés à un cocktail.
Cette journée à ete aussi une journée d'adieu pour une vingtaine de passagers et équipages. Moment émouvant pour beaucoup qui avait embarqué à Buenos aires ou Cape Town.
Même le capitaine change, nous avions la chance d'avoir le pavillon numéro 1' c'est à dire le premier des capitaines de grands voiliers hollandais, mais le capitaine 55 saura aussi prouver sa maîtrise du navire.
Nous partons ce soir pour Grand Port et vendredi pour la Réunion via le sud de l'île et devrions passer dans la matinée devant Saint Pierre et l'étang sale.


