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Vidéo – L’opération Wuambushu démarre avec les « opérations de sécurisation »

Décriée d’un côté, très attendue de l'autre, l’opération Wuambushu a débuté ce lundi. Durant deux mois, les forces de l’ordre ont pour objectif d’expulser 10.000 personnes en situation irrégulière et de démolir les bidonvilles. Une opération de grande ampleur conçue par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et approuvée par le chef de l’Etat en conseil de défense.

Ecrit par La-rédaction – le lundi 24 avril 2023 à 16H23

L’opération Wuambushu de lutte contre l’immigration clandestine est lancée ce lundi à Mayotte. Gérald Darmanin avait promis une « action spectaculaire de destruction des bidonvilles et d’expulsion de leurs habitants en situation irrégulière ». Une réponse de l’Etat à la crise sociale et migratoire que connait l’île aux parfums depuis de nombreuses années. 

Si aucune déclaration officielle n’a été faite jusqu’au dernier moment, certains détails de l’opération d’envergure ont largement été relayés dans la presse nationale. 

Gérald Darmanin s’est finalement exprimé dans le Figaro ce jeudi 20 avril pour annoncer l’envoi de 510 membres des forces de l’ordre, dont quatre escadrons de gendarmes mobiles et des policiers spécialistes de la lutte contre les violences urbaines de la CRS-8,  dans le 101e département français. 750 policiers et 600 gendarmes sont déjà sur place. De nombreux hôtels hébergeant les différentes unités affichent donc complets et des cases de bidonvilles sont déjà marquées à des fins de destruction. 

Wuambushu, qui signifie « reprise » en shimaoré, a été planifiée par Gérald Darmanin avec l’approbation d’Emmanuel Macron à la fin du ramadan pour pouvoir rassembler un maximum de policiers et gendarmes avant la coupe du monde de rugby et les Jeux olympiques de Paris.

Durant deux mois, les habitats illégaux ou dangereux construits dans des zones naturelles à risque seront détruits et les personnes en situation irrégulière venues pour la plupart des Comores voisines seront expulsées.

L’opération prévoit également un relogement des personnes en situation régulière. 
 

Wuambushu divise 

L’opération était attendue des élus mahorais. « C’est la paix civile qui est en jeu », a écrit Mansour Kamardine. Estelle Youssoupha a quant à elle appelé à détruire les bidonvilles « pour l’insécurité, la violence, la folie que l’on vit au quotidien ». 

De l’autre, des associations de défense des droits humains et des mouvements politiques avaient appelé au recul du gouvernement, ne pouvant « accepter que la violence d’une telle opération soit la seule réponse »  aux crises.

Le Comité Maoré, qui a pour objectif « d’œuvrer à la libération de l’île comorienne de Mayotte », a qualifié cette opération d’action « diamétralement opposée à l’appel lancé par les Nations unies de traduire dans les faits la volonté de rechercher rapidement et activement une solution juste à l’occupation de l’île comorienne de Mayotte. »

Ce lundi 24 avril, les forces de l’ordre ont démarré l’opération avec des premières actions dites de « sécurisation ». Elles consistaient notamment à enlever les barrages de route créés par les clandestins. 

« Notre objectif c’est que nos opérations de sécurisation se poursuivent. On est là pour donner de la sécurité aux Mahorais. On est là pour que les gens circulent librement. On est là pour que tous les jours on puisse aller travailler normalement et qu’on reprenne une vie normale. Et donc on viendra aussi souvent que nécessaire, y compris dans ces quartiers où les délinquants ont manifestement pas envie qu’on vienne », a déclaré le préfet de Mayotte Thierry Suquet ce lundi après-midi en forme de bilan pour cette première journée de cette opération hors normes.
 

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