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Vidéo - Il a tenté de devenir astronaute : Rencontre avec Julien Dambraine, ce Possessionnais passé par l'ESA

"Quand on a un objectif comme celui d'aller dans l'espace, on ne lâche rien et on se donne les moyens". C'est avec détermination que Julien Dambraine, ce Morbihanais installé avec sa petite famille à La Possession, compte poursuivre son rêve d'enfant. Le quadragénaire a passé ces derniers mois à s'en approcher, puisqu'il a participé à la campagne de recrutement des futurs astronautes lancée par l’Agence spatiale européenne (ESA). S'il a finalement été recalé cette semaine après avoir passé une première sélection, il garde un bon souvenir de cette aventure, et nous fait l'honneur de partager son expérience avec nos lecteurs. Rencontre.
Ecrit par Samuel Irlepenne – le samedi 22 janvier 2022 à 14H52

 Avez-vous toujours eu cet attrait pour l'espace ?

C'est une passion qui date de très très longtemps. La passion pour l'immensité de l'espace et aussi la petitesse de notre planète perdue au milieu de tout ça. Ça me fascine assez. Maintenant, le métier d'astronaute en tant que tel pas forcément parce que c'est un métier très compliqué et qui demande beaucoup d'engagement.

Vous avez été présélectionné parmi plus de 20.000 candidats et franchi la première étape pour intégrer l'Agence spatiale européenne (ESA) et devenir ainsi astronaute. Qu'est-ce qui vous a poussé à tenter cette aventure ?

Je pense que l'ESA et le fameux Thomas Pesquet ont fait une très bonne communication. Au moment où l'ESA a publié son offre, elle a fait pas mal de vidéos pour solliciter les forces vives de l'Europe. Au début, j'ai écouté et je me suis dit que je correspondais aux critères comme de nombreuses autres personnes. Après quelques jours de réflexion, je me suis dit qu'on avait qu'une chance dans la vie et je me suis dit "pourquoi pas, tentons le coup".

Devenir astronaute n'est pas la portée de tous. Comment se sont déroulées les épreuves de présélection et qu'est-ce qui a été le plus difficile pour vous ? Quelles sont les compétences requises pour devenir astronaute ?

La première phase des présélections, c'était le dépôt du dossier avec une lettre de motivation, un CV, des questionnaires à remplir et même un certificat médical de pilote d'avion à passer. Le tout en anglais pour les 23.000 personnes ayant fait acte de candidature. Passé cette étape, 1.391 personnes ont été retenues pour une journée de tests psychologiques organisée par l'ESA à Hambourg. Ce sont principalement des tests de mathématiques, de physique et d'anglais, sans oublier des tests visuels, de mémoire ou encore de réactivité.
L'objectif, c'est de passer un certain temps dans un espace confiné avec d'autres personnes de différentes nationalités et cultures. L'idée c'est donc d'avoir des personnes capables de prendre des responsabilités mais aussi faire des concessions pour le bien-vivre ensemble.

Faites-vous partie des 1.391 candidat(e)s sélectionné(e)s ?
 
J'ai eu la réponse tout à l'heure (NDLR : l'entretien a été réalisé mercredi en début d'après-midi) qui est une réponse négative sur le groupe de 16 qu'on était à la journée de tests à Hambourg le 11 septembre 2021. A priori, il y en a trois qui sont retenus.

À quoi ressemble la réponse de l'ESA pour les personnes qui ne sont finalement pas retenues ?

Le mail a été envoyé par la direction des ressources humaines de l'ESA et le responsable du recrutement des astronautes qui vous disent en anglais qu'ils nous félicitent déjà pour la participation et qu'ils ont trouvé chez d'autres personnes les compétences attendues.
C'est toujours très humain, c'est ce que j'ai apprécié dans cette candidature, c'est qu'avec l'ESA, on sent vraiment cette dimension humaine, nous ne sommes pas juste des numéros, les gens vous appellent, vous écrivent et font toujours un retour pour répondre aux interrogations. Beaucoup de respect dans les réponses, c'est très cordial.

Malgré la déception de ne pas faire partie des heureux chanceux, que retenez-vous de cette aventure ? Qu'avez-vous appris sur vous-même ?

Cela m'a permis de beaucoup m'investir dans des domaines dans lesquels je n'avais pas forcément le temps. À commencer par le sport : depuis six mois, je suis à 2 - 3 heures d'activité physique par jour, sans oublier l'apprentissage de plusieurs langues comme l'anglais, l'espagnol et le russe. Et puis, surtout, c'est une passion pendant six mois qui a pu être vécue. Ça a mis pas mal de paillettes dans les yeux et c'était vraiment passionnant.

Qu'est-ce qui vous a le plus marqué durant ces mois de formation ?

Ce sont les rencontres avec les personnes que j'ai pu faire, notamment pendant la journée de tests à Hambourg. On rencontre forcément des gens ouverts puisqu'ils sont recrutés en partie pour ça, plutôt sympa, plutôt bienveillants. Après il y a toute cette dimension européenne que je trouve assez fantastique c'est-à-dire qu'on arrive à faire collaborer différentes cultures et langues au sein d'une même organisation. Si on peut amener ne serait-ce que quelques jeunes à tourner un peu la tête vers les étoiles, à s'intéresser au sujet, ce serait formidable.

Se lancer dans cette aventure alors que l'on réside à La Réunion, est-ce possible ou avez-vous éprouvé pas mal de difficultés ?

Non, non, non, ce n'est pas dur du tout, bien au contraire ! C'est justement une des raisons pour lesquelles je suis venu à La Réunion, c'est qu'il y a toutes les infrastructures pour s'entraîner. L'idée, c'était de faire beaucoup de plongée et La Réunion, c'est parfait pour ça. Pour les cours de pilotage, il y a également toutes les infrastructures qu'il faut ici. Je suis d'ailleurs en train de passer ma licence de pilotage d'ULM. Pour les langues, il y a toutes les compétences également. Et puis au niveau du sport, La Réunion étant une terre d'aventure et de sport, il n'y a évidemment aucun souci, voire même c'est beaucoup plus facile car on peut s'entraîner tous les jours en extérieur.

Allez-vous persévérer dans les domaines dans lesquels vous vous êtes formé ces derniers mois ?

Je ne vous cache pas que le russe ce n'est pas la partie la plus marrante (rires). La plongée, c'est une passion, donc je vais continuer avec grand plaisir, tout comme le pilotage que je vais essayer de terminer. Et puis tant que je peux faire du sport j'en fait donc pas de souci là-dessus.
Je me suis malgré tout fixé comme objectif avec des amis, avant même la candidature à l'ESA, d'aller dans l'espace avant mes 60 ans. Bon, du coup, il va falloir trouver une autre voie, je pense que cela va être une voie un peu plus commerciale d'ici 10 ans avec les vols commerciaux qui seront à un prix abordable.
Quand on a un objectif comme celui d'aller dans l'espace, on ne lâche rien et on se donne les moyens. Si ce n'est pas par la voie de l'ESA, ce sera par une autre voie. La Terre est tellement magnifique que je n'envisage pas de ne pas la voir depuis là-haut, ce n'est pas possible.

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