Vidéo choc sur la RN1 : la Région répond à la FSU après la polémique autour d’une intervention filmée

Après la diffusion d’une vidéo dénoncée par la FSU Territoriale, montrant des agents de la Direction des Routes en intervention sur la RN1 dans des conditions jugées dangereuses, la Région Réunion répond point par point. La collectivité reconnaît certaines maladresses sur le terrain, tout en contestant plusieurs accusations du syndicat.
La polémique enfle autour d’une intervention réalisée le 5 mai dernier sur la RN1, dans le secteur des Sables en direction de Saint-Pierre. À l’origine de la controverse, une vidéo relayée par la FSU Territoriale montrant deux agents de la Direction des Routes Régionales (DRR) en train d’effectuer des travaux de fauchage sur la bande d’arrêt d’urgence, à proximité immédiate de la circulation.
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Dans son communiqué diffusé mardi matin, le syndicat dénonçait de graves manquements aux règles de sécurité, évoquant notamment l’absence de balisage réglementaire, de véhicule de protection adapté et l’utilisation d’une plaque de contreplaqué pouvant devenir un projectile en cas d’accident. La FSU allait jusqu’à mettre en cause “un manque d’expertise visiblement de l’encadrement” et annonçait le dépôt d’un préavis de grève pour le 26 mai.
Cette intervention relevait “de la seule initiative des agents concernés”
Face à ces accusations, la Région Réunion a tenu à réagir. La collectivité assure d’abord que cette intervention relevait “de la seule initiative des agents concernés” et qu’elle “n’a jamais été validée par l’encadrement”. Elle conteste également plusieurs éléments avancés par le syndicat. Selon la Région, ce type d’intervention de moins de deux heures est bien autorisé sur une 2x2 voies en journée et un véhicule de protection réglementaire était effectivement présent à l’arrière du chantier. C’est d’ailleurs depuis ce fourgon équipé d’une signalisation lumineuse que la vidéo aurait été tournée.
La collectivité reconnaît néanmoins certaines entorses aux règles de sécurité. Elle indique que le fourgon de protection était positionné “un peu trop près des agents”, alors qu’une distance de 50 mètres est préconisée. Elle relève aussi l’absence de cônes de signalisation entre le véhicule et la zone de travail. Concernant la plaque de contreplaqué utilisée pour limiter les projections lors du fauchage, la Région parle d’une “initiative malheureuse” prise sans concertation avec l’encadrement, même si elle estime qu’elle partait “sans aucun doute d’un souhait de bien faire”. Des rappels à l’ordre doivent être adressés aux agents concernés.
“Utilisation malveillante de cette vidéo”
La Région insiste toutefois sur le fait que les agents de la Direction des Routes sont “des professionnels régulièrement formés”, avec des recyclages obligatoires au minimum tous les trois ans. Les agents concernés auraient suivi leur dernière formation en 2024. Elle rappelle également fournir à ses équipes l’ensemble des équipements de protection individuelle réglementaires.
Au-delà du débat sur les procédures internes, la collectivité veut aussi profiter de cette affaire pour rappeler les dangers auxquels sont confrontés quotidiennement les agents intervenant sur les routes. Elle souligne que les automobilistes sont censés ralentir à l’approche des véhicules d’intervention de la Direction des Routes et, lorsque ceux-ci sont stationnés sur la bande d’arrêt d’urgence avec leurs gyrophares activés, se déporter si possible sur la voie de gauche. “Cela n’est manifestement pas le cas dans cette vidéo”, pointe la Région.
La collectivité dit, enfin, regretter “l’utilisation malveillante de cette vidéo”, tout en réaffirmant “son souci constant de protection de ses agents” et sa volonté de rester à leur écoute.


