Vidéo - Apprentissage : les chambres consulaires alertent sur le coup de rabot du gouvernement

Une annonce qui tombe au plus mauvais moment pour les centres de formation et d'apprentissage, en pleine période de recrutement et qui ont retrouvé depuis quelques années un certain engouement de la part des plus jeunes. Et ce malgré la crise covid grâce au soutien du gouvernement dans leur prise en charge.
En effet, le secteur de l'apprentissage a connu entre 2016 et 2021 un bond spectaculaire de ses effectifs, passant de 290 000 à 730 000 contrats d'apprentissage voire 800 000 à fin 2022.
Si le gouvernement table toujours sur un objectif de 1 million d'apprentis d'ici la fin du quinquennat, il devra le faire avec moins de fonds alloués au secteur de l'apprentissage. En effet, la Cour des comptes pointait en juin dernier le déficit attendu de France Compétences, qui pourrait grimper à 5,9 milliards d'euros cette année.
"Il serait dommage qu'il y ait ce coup de rabot alors que l'apprentissage a le vent en poupe ici sur notre territoire, marqué par un important chômage des jeunes", rappelle Bernard Picardo. Pour le président de la Chambre de métiers, ce qui est investi aujourd'hui dans les compétences "servira demain nos entreprises et notre territoire".
Son homologue de la Chambre de commerce, Pierrick Robert, prévoit déjà des pertes avoisinant les 1,1 million d'euros concernant les formations délivrées par la CCIR. "Certaines filières comme l'hôtellerie-restauration seront impactées à hauteur de 10% et d'autres comme le numérique pourraient voir leurs dotations baisser de 40%", alerte le patron de la Chambre de commerce "alors que nous allons avoir entre 200 et 250 apprentis supplémentaires par rapport à l'an dernier".
"Il y a énormément de sujets à discuter dans le domaine de la formation avant d'envisager un éventuel coup de rabot", ajoute pour sa part le secrétaire général de la Chambre d'agriculture, Olivier Fontaine. "La formation ne s'arrête pas uniquement à l'installation d'agriculteurs mais c'est aussi de formation et de qualification de main-d'oeuvre dont on a besoin sur nos exploitations afin de développer la production locale", poursuit le n°2 de la chambre verte.


