Vers une pénurie d'enseignants?

Nicolas Sarkozy a adressé ses vœux au monde de l'éducation et de la culture. L'occasion pour le président de la République d'annoncer son intention de poursuivre la réforme de la formation des enseignants. "Je pense qu'il faut que nous remettions sur le chantier les éléments de formation. Passer des IUFM (Institut de formation universitaire des maîtres) à l'université, passer d'un niveau licence à un niveau master, ne suffit pas", a-t-il déclaré.
Une nouvelle qui ne devrait pas ravir les syndicats enseignants qui sont à quelques jours d'une manifestation. La FCPE et les syndicats d'enseignants tirent la sonnette d'alarme et appellent à une mobilisation "contre le budget de pénurie de l'Éducation nationale".
Dans un contexte de réduction du déficit public, l'État a revu à la baisse ses effectifs. Ainsi il y a de moins en moins d'enseignants (public et privé confondus) pour de plus en plus d'élèves. Pour l'année 2009-2010, selon le ministère de l'éducation nationale, il y avait 852.907 enseignants pour 12.537.138 élèves inscrits (1er degré, 2nd degré et apprentis). Pour les départs en retraite et les arrêts de travail de plus ou moins longue durée, les remplacements sont donc de plus en plus difficiles à gérer.
Le CAPES ne ferait plus rêver...
Par ailleurs, un rapport de la direction des ressources humaines (DGRH) du ministère de l'Éducation nationale reconnaît que "plusieurs académies font remonter certaines difficultés rencontrées par les stagiaires". La réforme de la formation des enseignants leur a imposé de prendre tout de suite une classe en responsabilité pendant 18 heures par semaine. Ne consacrant plus qu'un tiers de leur temps à la formation, ils "estiment manquer de méthodes et du recul nécessaire pour effectuer leur travail et l'apprentissage de leur futur métier".
Et la pénurie de candidats n'arrange en rien la situation. Selon le syndicat Snes-FSU, les concours d'enseignants du CAPES rencontrent des taux d'admissibilité historiques, inférieurs au nombre de poste ouverts… Avec tout cela, on peut (malheureusement) comprendre que la profession d'enseignant n'ait pas franchement le vent en poupe.



