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Vergès : la mobilisation, Robert : la dynamique, Vergoz : la troisième voie

L'issue du second tour des Régionales apparaît indécise à deux jours du verdict des urnes. Paul Vergès et Didier Robert affichent une constante sérénité quant à leur succès futur. Michel Vergoz, arrivé troisième dimanche, fait preuve de plus d'humilité. La tête de liste socialiste pourrait bien être le grand gagnant de ce scrutin, et ce quels qu'en soient les résultats.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 19 mars 2010 à 10H57

Paul Vergès, tête de liste de l'Alliance, a pour lui, sa dimension nationale et internationale d'homme politique. Didier Robert, chef de file de “La Réunion en confiance” a la fougue du jeune premier et une entrée fracassante en politique. Michel Vergoz, l'homme de consensus de “l'Union des socialistes”, a le charisme, la “tchatche”, l'art de dire et “d'emballer” ses idées et son programme.

Paul Vergès, Michel Vergoz et Didier Robert : trois hommes pour une présidence, trois hommes au passé, au présent et au devenir totalement différents, aussi bien dans leurs parcours, leurs expériences du pouvoir, ce qu'ils en ont fait et ce qu'ils en feront à partir du 21 mars à la Région Réunion...

Le "parler vrai" de Michel Vergoz

Paul Vergès a 85 ans depuis le 5 mars. Ancien combattant de la Seconde guerre mondiale, l'homme de l'Assemblée unique incarne le passé par ses combats politiques, le présent pour le développement durable, et le futur à travers une équipe expérimentée, sans doute la meilleure à ce jour dans une collectivité locale à La Réunion.

Michel Vergoz a eu 60 ans le 10 janvier. Le conseiller régional sortant s'est détaché des rangs de par ses positions pas toujours en accord avec son parti. Son cœur a aussi hésité entre Paul Vergès (élections régionales 2004) et Jean-Paul Virapoullé (bi-départementalisation en l'an 2000).

Son "parler vrai", ses effets de manche et ses émotions, la plupart du temps bien amenées et bien contrôlées, font aussi de lui un homme attachant et atypique, quelle que soit l'époque. Toutefois, le pharmacien s'impose plus comme un placebo, plutôt que comme un remède miracle, face aux deux fortes personnalités que sont Paul Vergès et Didier Robert.

Et paradoxe, c'est peut-être là un de ses principaux atouts pour dimanche car il est parvenu à s'imposer, avec brio, comme l'homme de la troisième voie.

Didier Robert a tué le père

Didier Robert, 46 ans le 26 avril prochain, c'est d'abord le présent car il incarne l'avenir, c'est-à-dire le renouvellement de la classe politique locale dans son ensemble. Une partie de la population a envie d'y croire, semble-t-il. Sans doute parce que Didier Robert veut faire table rase du passé. Celui qui est parvenu à tuer le père, à la manière de Freud, a aussi écarté les autres ténors de la droite, et ce à l'exception de Jean-Louis Lagourgue dont il en a fait un fidèle allié.

Son discours, son programme, ses convictions politiques, sa ligne de conduite, ses chemises bleues indélébiles à manches longues, et ses cheveux en arrière qu'importe le sens du vent, sont en passe d'en faire une icône. Son projet de société résolument opposé à celui de Paul Vergès, en fait aujourd'hui un élu à part et un chef de file au charisme confirmé.  

Mais la droite, toute la droite, surtout la génération qui a permis à Didier Robert d'arriver là où il est, va-t-elle accepter d'être écartée, évincée ou virée comme certains le ressentent aujourd'hui ? La réponse est “non”. Sans aucun doute.

Le PCR repart en campagne... municipale

Tous ces éléments déclinés depuis le début de cet article donnent les contours d'un contexte particulier à deux jours du second tour des Régionales. Même si cette triangulaire aura comme intérêt le duel entre Vergès et Robert, la présence de Vergoz, de par sa personnalité et son programme, ajoute au suspense.

Paul Vergès a, depuis lundi, réactivé les réseaux du PCR. Chaque commune mène une campagne “municipale”. Les maires ont mobilisé les militants et les employés communaux. Chaque militant, chaque sympathisant a été chargé d'aller chercher le “communiste” qui n'a pas voté dimanche dernier. Pour les “dénicher” les listes électorales ont été minutieusement étudiées, “épluchées”... comme au bon vieux temps. Chaque voix compte...

Gilbert Annette se mobilise

La mobilisation, c'est aussi le maître-mot au parti socialiste. Gilbert Annette, premier secrétaire fédéral du PS et maire de Saint-Denis, ne peut pas renouveler la contre-performance du premier tour sur le chef-lieu (Didier Robert est arrivé en tête devant Paul Vergès. Michel Vergoz se hisse à la troisième place). Il y va de sa crédibilité. Le schéma de travail est le même dans les autres communes dirigées par un maire socialiste.

Le PS espère aussi rassembler ceux qui ne veulent “ni de Didier Robert, l'UMP, Nicolas Sarkozy et de leur politique de casse sociale généralisée, et ni de Paul Vergès, son tram-train, sa MCUR et de sa famille”. Tout au long de cette semaine, Michel Vergoz a su se démarquer comme la troisième voie possible. A-t-il réussi pour autant à convaincre, surtout parmi les abstentionnistes ?

C'est de cet élément - l'abstention - également que dépendra le score de Didier Robert ce dimanche. La tête de liste qui est parvenue à rassembler sa famille politique, du moins dans les prises de position officielles, a conservé sa dynamique. Elle se serait même amplifiée selon ses proches. Mais sera-t-elle suffisante d'abord pour combler le retard de 9.000 voix que “La Réunion en confiance” accuse sur l'Alliance, puis pour dépasser Paul Vergès sur la ligne d'arrivée ?

Suspense...

 

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