Vandalisme, intimidations et rumeurs… la campagne électorale dérape dans certaines communes

Dégradations d’affiches, accusations entre équipes de campagne, intimidations et rumeurs visant des candidats : à quelques jours du premier tour des municipales, plusieurs incidents viennent troubler le climat de la campagne dans différentes communes de La Réunion. Plusieurs candidats dénoncent des méthodes d’intimidation et appellent à un retour au débat démocratique.
À mesure que la campagne pour les élections municipales de 2026 entre dans sa dernière ligne droite, les tensions semblent également monter d’un cran dans plusieurs communes de La Réunion.
Vandalisme sur des affiches électorales, accusations de dégradations, intimidations ou encore rumeurs visant des candidats : plusieurs incidents récents témoignent d’un climat politique parfois électrique à quelques jours du premier tour.
Affiches arrachées, jet de galet...
À Saint-Benoît, plusieurs dégradations ont été signalées ces derniers jours autour de la campagne municipale. Dans un communiqué, le maire sortant et candidat Patrice Selly affirme qu’une de ses colistières a été visée par des actes de vandalisme. Selon lui, la militante a subi des dégradations et plusieurs affiches de campagne ont été volontairement arrachées sur des panneaux d’affichage de la commune.
La même colistière aurait également découvert son véhicule dégradé dans sa cour dans la nuit de mardi 3 à mercredi 4 mars. Le lendemain, jeudi 5 mars, alors qu’elle circulait en campagne, un galet aurait été lancé en direction de sa voiture. Une plainte a été déposée.
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Dans son communiqué, Patrice Selly condamne “avec la plus grande fermeté” ces agissements qu’il juge “profondément regrettables et contraires aux valeurs de respect et de démocratie qui doivent prévaloir dans le cadre d’une campagne électorale”. Le candidat estime que ces faits traduisent une dérive dans la manière de mener le débat politique.
“Ces méthodes d’un autre temps révèlent une conception inquiétante de la politique, faite d’intimidation et de dégradation plutôt que de débat d’idées”, affirme-t-il.
Autre candidat à Saint-Benoît, Patrick Dalleau a lui aussi réagi à ces événements. Dans un communiqué, il condamne “avec la plus grande fermeté les actes de vandalisme rapportés ces dernières heures à Saint-Benoît, visant une colistière d’une autre équipe de campagne ainsi que des affiches volontairement arrachées sur des panneaux d’affichage”. Pour lui, “la démocratie ne peut pas s’exprimer par l’intimidation, la dégradation ou la pression. Une élection doit être un moment de confrontation des projets, d’échanges et de respect — pas un terrain de tensions”.
Le candidat appelle l’ensemble des équipes de campagne à faire preuve de responsabilité afin de préserver un climat apaisé dans la commune.
Bombe de peinture
Dans le chef-lieu, la campagne n’échappe pas non plus aux tensions. La candidate Gaëlle Lebon affirme que certaines de ses affiches ont été dégradées. Selon elle, un militant aurait été pris en flagrant délit “bombe de peinture à la main, en train de taguer et dégrader” ses affiches sur des panneaux d’affichage libre.

Elle demande au candidat RN Jean-Max Nativel ainsi qu’à Jean-Jacques Morel (délégué départemental du RN) de “tenir leurs équipes de campagne”, estimant que “la démocratie mérite un débat d’idées, pas des dégradations ni des méthodes indignes”.
Au Tampon, plusieurs affiches du candidat Alexis Chaussalet ont également été vandalisées. Des croix gammées et des inscriptions insultantes ont été tracées sur ces supports de campagne dans différents quartiers de la commune.
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Le candidat dénonce une“tentative d’intimidation et de manipulation politique inacceptable” et indique avoir déposé plainte auprès de la gendarmerie.
Rumeurs nauséabondes
La maire sortante de Saint-Denis, Ericka Bareigts, affirme pour sa part être la cible d’attaques d’une autre nature. Lors d’une prise de parole publique, mardi 3 mars, elle a dénoncé la diffusion de rumeurs concernant son orientation sexuelle. “Aujourd’hui l’attaque qui m’est faite est particulièrement violente. On m’attaque en disant que je suis homosexuelle. L’homosexualité est utilisée comme une insulte”, a-t-elle déclaré. L’édile dionysienne estime que ces rumeurs relèvent d’une stratégie politique sexiste et affirme avoir déposé plainte.
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Si les contextes diffèrent selon les communes, ces incidents alimentent un même constat : à mesure que l’échéance électorale approche, la campagne municipale se tend dans plusieurs territoires de l’île. Plusieurs candidats, toutes sensibilités confondues, appellent désormais à ramener le débat sur le terrain des idées et des projets, à quelques jours du scrutin des 15 et 22 mars prochains.


