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Pierrefonds : Serge Hoareau hérite du défi de relancer un aéroport en grande difficulté

Ecrit par Gaetan Dumuids – le vendredi 3 juillet 2026 à 07H32

Serge Hoareau prend la tête de l’aéroport de Pierrefonds dans un contexte délicat. La plateforme du Sud, en difficulté depuis plusieurs années, doit désormais défendre une stratégie de relance commerciale qui dépendra largement du retour des compagnies aériennes.

L’aéroport de Pierrefonds change de séquence politique, mais pas encore d’équation économique. Avec l’élection de Serge Hoareau, la plateforme du Sud se retrouve une nouvelle fois au centre d’un dossier sensible : comment redresser le déficit d'un aéroport qui peine, depuis des années, à concrétiser les promesses de nouvelles lignes ?

Lire aussi : Aéroport de Pierrefonds : Serge Hoareau élu président du Syndicat mixte

La stratégie défendue par Serge Hoareau vise à préserver l’activité commerciale de Pierrefonds et à relancer le démarchage auprès des compagnies aériennes. Air Austral et Air Mauritius font partie des pistes évoquées, sans exclure d’autres transporteurs susceptibles, à terme, de desservir le Sud de l’île.

Mais cette relance ne dépendra pas uniquement de la volonté locale. Pour David Lorion, les élus du Sud ne se contentent pas de soutenir cette stratégie : « non pas qu’on appuie, mais on la porte ».

Une stratégie portée par les élus de la CIVIS

Le président de la CIVIS insiste sur l’objectif : permettre à Pierrefonds de continuer à exister comme aéroport commercial. Cela suppose de trouver de nouvelles recettes, mais surtout de convaincre des compagnies aériennes de rouvrir ou de créer des lignes.

Le problème est connu. Depuis des années, plusieurs destinations sont régulièrement citées autour de Pierrefonds : l’Afrique australe, Madagascar, Maurice ou encore l’Asie. Mais les annonces se sont souvent heurtées à la réalité économique du transport aérien. Le vol espéré par l'ancienne présidence depuis Durban ne verra probablement pas le jour, rappelant la fragilité des perspectives de développement.

Pour David Lorion, cette difficulté dépasse le seul cas de Pierrefonds. « Un aéroport, c’est dépendant des compagnies commerciales, des compagnies aériennes », souligne-t-il. Autrement dit, Serge Hoareau pourra défendre une stratégie, mais celle-ci ne produira des effets que si les transporteurs retrouvent la capacité financière d’ouvrir de nouvelles destinations.

Des compagnies encore prudentes

David Lorion rappelle également que la crise sanitaire a durablement affaibli les compagnies aériennes. Même plusieurs années après le Covid, certaines d’entre elles restent prudentes dans leur développement et limitent leurs risques.

Air Austral commence à aller mieux et il espère une amélioration de la situation d’Air Mauritius dans les prochains mois. Cette évolution sera déterminante pour Pierrefonds, qui doit convaincre des compagnies de voir dans le Sud une opportunité commerciale réelle.

L’enjeu pour Serge Hoareau sera donc de transformer une volonté politique en résultats concrets. La nouvelle gouvernance devra prouver que Pierrefonds peut offrir une complémentarité avec Roland-Garros et répondre à un véritable besoin de desserte.

Entre volontarisme politique et réalité économique

L’élection de Serge Hoareau à la présidence du Syndicat Mixte intervient à un moment où l’avenir de Pierrefonds reste incertain. Les élus du Sud veulent préserver cet outil, mais ils savent que l’aéroport ne pourra pas se relancer durablement sans trafic régulier.

La stratégie repose donc sur un équilibre fragile : maintenir l’activité, convaincre les compagnies, restaurer des recettes et éviter que Pierrefonds ne reste cantonné à des annonces sans suite.

Avec Serge Hoareau, l’aéroport de Pierrefonds dispose désormais d’un nouveau visage à sa tête. Reste à savoir si cette nouvelle étape permettra enfin de donner une traduction concrète aux espoirs portés depuis plusieurs années pour la plateforme du Sud.

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