Vague de racisme dans le sud de la France ? Refus d'entrée, tarifs différents… cette enquête épingle des plages privées et des boîtes de nuit pour discrimination

Une campagne de testing menée par SOS Racisme dans plusieurs villes du littoral méditerranéen conclut à des discriminations raciales dans 17 % des plages privées et 30 % des établissements de nuit testés. L'association annonce son intention de saisir la justice dans plusieurs dossiers.
Une campagne de testing réalisée cet été par SOS Racisme met en évidence des discriminations raciales persistantes à l'entrée de certains lieux de loisirs du sud de la France. Selon le rapport rendu public mardi, 17 % des plages privées et 30 % des établissements de nuit soumis à des tests ont réservé un traitement défavorable à des clients en raison de leur origine supposée.
Lire aussi : Le paradoxe Bleu : jamais autant ciblée par le racisme, rarement autant aimée dans le monde
L'enquête a été menée dans plusieurs communes du littoral méditerranéen, notamment à Montpellier, La Grande-Motte, Palavas-les-Flots, Marseille, Aix-en-Provence, Nice et Antibes.
Au total, 23 plages privées et 17 établissements de nuit ont été testés selon la méthode du "testing", qui consiste à comparer l'accueil réservé à plusieurs groupes présentant des profils similaires, à l'exception de leur origine perçue. Cette méthode est reconnue comme un mode de preuve par la justice française.
Huit plaintes déposées
Selon SOS Racisme, plusieurs établissements ont opposé à des clients noirs ou arabes un refus d'entrée, des conditions d'accès plus contraignantes ou encore des tarifs plus élevés que ceux proposés à d'autres groupes comparables.
Dans un des cas relevés à Nice, le groupe perçu comme arabe a notamment été accueilli par la remarque : "pas de bagarre ce soir", un comportement que l'association qualifie "d'accueil différencié fondé sur des stéréotypes".
L'association estime que "ces résultats démontrent que les discriminations à l'entrée des lieux de loisirs demeurent une réalité".
Lire aussi : Plus de 16.400 actes racistes recensés en 2025 : pourquoi ce bilan reste préoccupant en France
Elle annonce le dépôt d'au moins "huit plaintes" et appelle "les pouvoirs publics à renforcer les contrôles et les poursuites contre les établissements qui enfreignent la législation sur les discriminations".


