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« Vade Retro » : un film de vampires déjanté tourné à La Réunion

Ecrit par N.P. – le dimanche 2 novembre 2025 à 07H30

Antonin Peretjatko signe avec Vade Retro une comédie fantastique burlesque tournée en partie à La Réunion. Entre satire politique, humour absurde et jungle tropicale, le film, salué par Cinematraque, s’impose comme une œuvre aussi singulière que son réalisateur.

Il fallait un certain goût pour le risque – et pour l’absurde – pour imaginer un film de vampires tourné à La Réunion, avec un budget microscopique. Antonin Peretjatko, cinéaste révélé par La Fille du 14 juillet et La Loi de la jungle, relève le pari avec Vade Retro, une comédie gothique et tropicale où le rire se mêle au sang.

Le scénario met en scène Norbert, vampire de 350 ans qui doit enfin mordre pour devenir adulte. Mais sa proie, chasseuse de vampires, lui arrache une canine et son assurance. Pour conjurer la malédiction qui menace sa lignée, sa famille l’expédie à l’autre bout du monde afin qu’il retrouve goût au sang. Il échoue finalement sur l’île fictive de Boulet Rouge — métaphore d’une Réunion — où sa présence déclenche une chasse au vampire aussi absurde que symbolique.

Le film, réalisé avec « un budget d’à peine un million d’euros » selon son auteur, a failli ne jamais voir le jour. Comme le raconte Estéban, chanteur des Naive New Beaters et acteur principal, la production a connu un véritable parcours du combattant : « Les producteurs voulaient le tourner à Boulogne, pas à La Réunion. On a eu six directeurs de production, dont deux ont craqué en cours de route ». L’actrice Arielle Dombasle, figure flamboyante du casting, aurait même conseillé de « faire le signe de croix avant la projection », relate Cinematraque.

Tourné dans la jungle réunionnaise, Vade Retro offre à Peretjatko ses plus belles images : forêts brumeuses, volcans inquiétants et cimetières végétaux composent un décor aussi poétique que chaotique. Dans sa critique, Cinematraque souligne la folie visuelle du film, ses dialogues loufoques et son humour volontairement outrancier, qualifiant l’ensemble de « grand n’importe quoi » — mais, précise le site, « c’est évidemment l’effet recherché ».

Derrière les gags et l’esthétique cartoonesque, le réalisateur glisse une satire des obsessions identitaires et du conservatisme social. Le film, sous ses airs de farce gothique, parle aussi de peur de l’autre, de désir contrarié et de métissage, avec un ton libre et désinvolte qui n’appartient qu’à Peretjatko.

Achevé à la dernière minute avant sa présentation à l’Étrange Festival, Vade Retro sortira en salles le 31 décembre. Un film bricolé, insolent, joyeusement foutraque — et une preuve que même les vampires peuvent trouver refuge sous le soleil de La Réunion.

Etiquettes : Cinéma

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