Une mule tente de passer 214g de cocaïne cachés dans la raie des fesses

Le premier contient 94 grammes et le second 120 grammes. Il finit par reconnaître le transport mais jure par tous les dieux que c'est en partie pour sa consommation personnelle, 40 grammes, alors que le reste est, dit-il, "pour remercier l'ami qui va l'héberger sur l'île". Bien entendu, pas de nom, pas de numéro de téléphone et dans son cas, refus de donner le code de son portable. Habitué aux allers-retours en Martinique où il monte un business de kebab, il explique qu'il vient prendre des vacances pour voir deux amis - qu'il n'a pas vus depuis longtemps - avant de rentrer définitivement aux Antilles.
Le billet est payé par un autre ami qui a des prix réduits mais il l'a remboursé. "J'ai fait ça pour un ami de longue date envers qui je suis redevable. Je suis un consommateur mais je ne suis pas une mule", explique-t-il à la présidente. "Si je dénonce, les répercutions vont se faire sur la famille", ajoute le prévenu pour expliquer son refus de donner son code de téléphone. "C'est quoi une mule ? Vous êtes une mule ?" demande un assesseur intrigué par ses déclarations. "Je ne dirais pas ça comme ça" répond le prévenu. "Merci Monsieur, on a bien entendu", conclut le magistrat.
Deux ans de vacances à La Réunion
"C'est un poison qui tue et qui entre de plus en plus sur l'île. La valeur du produit est de 32100€, que nous demandons au titre de l'amende douanière", indiquent les douanes à l'audience. "Il ne donne pas grand chose et nous mène en bateau. Rien de ce qu'il dit ne colle. Ce n'est pas qu'une simple consommation. Il ne veut pas collaborer, c'est bien une mule. Il transporte un fléau potentiellement mortel qui sévit de plus en plus chez les jeunes", tance le procureur qui requiert une peine de 3 ans de prison avec maintien en détention.
"Cette drogue est destinée à sa propre consommation. Il ne se rendait pas compte de ce qu'il faisait", plaide la défense.
Arborant six mentions à son casier judiciaire dont une pour des stupéfiants, le prévenu de 35 ans est condamné à 3 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire. Il se voit donc offrir deux ans de vacances à La Réunion dans les quartiers de Domenjod.


