Une BAC territoriale pour muscler la lutte contre la délinquance nocturne à La Réunion

Le préfet Patrice Latron et le directeur territorial de la police nationale, Laurent Chavanne, ont officiellement lancé ce mardi 15 juillet la nouvelle Brigade anticriminalité (BAC) territoriale depuis le commissariat du Chaudron à Saint-Denis. Une première à La Réunion. Objectif : renforcer les interventions nocturnes sur plusieurs communes sensibles de l’île.
C’est depuis le commissariat du Chaudron à Saint-Denis que les autorités ont annoncé ce mardi la mise en place d’une nouvelle BAC territoriale, composée de 24 agents. Ces policiers, issus des unités locales ou déjà en poste en BAC, ont été sélectionnés après un processus exigeant. « C’est une belle histoire que les policiers qui ont subi des sélections très très rudes », a souligné le commissaire Laurent Chavanne. « On avait énormément de candidats, on a dû en écarter près de la moitié. Donc on a fait vraiment des tests, à la fois sur l’envie d’intégrer cette unité, mais aussi sur des tests psychologiques, sportifs et de techniques d’intervention. »
Cette nouvelle unité aura vocation à intervenir entre 18 heures et 5 heures du matin, notamment au Port et à Saint-André. « On aura au minima trois véhicules BAC en plus des BAC locales qui existent déjà et qui vont pouvoir aller, en fonction des missions qu’on attribuera, travailler sur Saint-André, aller travailler au Port », a précisé Laurent Chavanne, insistant sur l’importance d’avoir des agents « qui vont connaître le terrain, à bien connaître les individus, les fauteurs de troubles. »
24 fonctionnaires supplémentaires
Pour Patrice Latron, le renfort est nécessaire. « Ce sont 24 fonctionnaires de police supplémentaires qui sont vraiment 24 hommes de plus en tenue de baqueux sur la voie publique la nuit. Donc l’objectif c’est de renforcer la sécurité des Réunionnais. » Le préfet ajoute : « La délinquance elle augmente en zone à La Réunion, et donc il faut qu’on s’adapte et qu’on augmente les moyens de lutter contre cette délinquance. »
L’équipement a également été pensé pour permettre des interventions rapides. « Il était nécessaire que dans les circonscriptions de Saint-André et du Port, lorsqu’ils y vont, de positionner du matériel, notamment dans le cadre de la lutte contre les violences urbaines, pour qu’ils puissent rapidement, lorsque c’est nécessaire, basculer dans des dispositifs de rétablissement de l’ordre », a précisé le directeur territorial.
Si les effectifs sont redéployés, les BAC locales ne sont pas supprimées. « Ce n’est pas un bidule, on a vraiment quelque chose qui vient en plus-value, puisqu’on n’a pas fait disparaître les unités locales BAC, locales, avec le même nombre d’effectifs », a tenu à rassurer Laurent Chavanne.
Le préfet a enfin souligné que cette unité pourra également, dans des cas exceptionnels, renforcer les zones gendarmerie. « Cette BAC territoriale, si un jour ça dérape fort en zone de gendarmerie, elle ira en renfort de la zone gendarmerie. C’est exceptionnel. Ce n’est pas le quotidien, parce qu’au quotidien, même si la délinquance augmente, elle reste contenue. [...] L’un des enjeux du plan anti-bandes, c’est de faire comprendre à tout le monde que la rue, elle n’est pas aux bandes. Elle est à l’État, elle est aux citoyens. »


