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Un projet européen pour La Réunion

Le 25 mai dernier, Debout La République a lancé sa campagne pour les élections européennes de 2014. Entouré et soutenu par des responsables politiques venus de nombreux pays d’Europe, Nicolas Dupont-Aignan a posé le constat de l'échec de l’Union européenne : échec sur le plan économique et social, avec une croissance négative ou quasi nulle et un chômage croissant; échec sur le plan politique et diplomatique, avec une Europe dont la voix dans le Monde est inintelligible et dont les intérêts ne sont donc pas défendus.

Ecrit par Comité départemental de Debout La République – le lundi 01 juillet 2013 à 09H59

Il a rappelé que cet échec réside dans la volonté des dirigeants de l’Union d’imposer un cadre unique aux nations qui la composent, malgré des réalités diverses et des orientations stratégiques nationales souvent divergentes.

Sur le plan économique et monétaire, le marché unique et la libre circulation des hommes mettent en concurrence les travailleurs, soumis à des législations sociales différentes, et les choix fiscaux des Etats, favorisant l’incivisme des contribuables les plus fortunés. De son côté, l’euro trop cher accroît les profits des entreprises allemandes mais handicape lourdement la compétitivité des économies du Sud de l’Europe, les plus soumises à la concurrence provenant des pays en développement.

Ainsi, la construction de l’Union européenne divise les peuples qui la composent et remet en cause les pactes sociaux et fiscaux dans le cadre desquels s’exercent les solidarités nationales. Elle est la cause essentielle de la faillite de la Grèce, de l’Espagne, ou de l’Italie et des difficultés de la France.

Ce faisant, elle a trahi le projet européen d’entente entre les nations et de prospérité partagée. Elle en menace même la pérennité.

Pour les plus « europhiles », la solution passe par une marche forcée vers le fédéralisme, avec un gouvernement économique unique et une harmonisation sociale et fiscale. A court terme, un tel choix entraînerait des sacrifices pour les nations dont les politiques sociales et fiscales sont les plus protectrices et équitables. A moyen et long terme, il supposerait une remise en cause profonde des spécialisations économiques nationales construites dans la durée sur des réalités culturelles et naturelles incontournables. Il s’agirait là d’une entreprise de transformation du réel incertaine, proche de l’aventure communiste tentée en Union soviétique, avec le succès qu’on lui connait.

Pour les plus « eurosceptiques », la France doit sortir de l’Union européenne. Ce qui ferait immanquablement exploser le projet européen et nous ramènerait plus de 50 ans en arrière.

Debout La République promeut une voie républicaine, réaliste et patriotique pour l’Europe. La seule qui permettra de poursuivre le projet européen d’entente entre les nations, initié par le Général de Gaulle à partir de la réconciliation franco-allemande.

Dans cette perspective, nous proposons de sortir l’Union européenne de l’Europe. Puisque l’Union favorise la concurrence entre les peuples et les divise, elle doit être déconstruite au profit d‘une véritable Europe des coopérations concrètes.

Construire une Europe des coopérations concrètes.

Dans cette perspective, Debout La République propose une renégociation des traités. Leur objet ne doit plus être d’organiser l’entente impossible au sein d’une Union trop large et sans frontières mais de coordonner des coopérations concrètes entre nations volontaires, partageant des stratégies convergentes.

Ce type de coopérations « à la carte » existe déjà. Elles représentent les vraies réussites de la construction européenne. Elles se nomment notamment Airbus ou Ariane Espace… Elles doivent être étendues pour faire face aux grands défis auxquels les nations ne peuvent répondre seules :

– l’invention et le développement de nouvelles sources d’énergies propres, à même de porter et d’accompagner la croissance, notamment dans les pays émergents,

– l’exploitation raisonnée des richesses des océans qui représentent une véritable nouvelle frontière économique à conquérir,

– la recherche contre les grands fléaux sanitaires de notre époque et de demain tels que le cancer, le SIDA, les maladies du vieillissement (Alzheimer, Parkinson…) ou encore les maladies vectorielles (chikungunia, dengue…) dont la poussée, dans le cadre de la mondialisation des échanges, entraîne de véritables pandémies,

– la lutte contre le terrorisme qui est désormais la menace la plus forte qui pèse sur notre sécurité, – la lutte contre la pauvreté qui demande une ingénierie puissante d’aide au développement,

– initier et encourager le développement des entreprises dans les secteurs innovants (robotique, bio industries, technologies de l’information et de la communication…. ).

Les défis ne manquent pas, ni les moyens pour agir. C’est la détermination collective nécessaire pour les relever qui fait défaut, tant la guerre économique dans laquelle nous a poussé la mondialisation favorise toutes les formes d’égoïsmes.

L’Europe serait indigne de son histoire et de sa vocation humaniste, si elle n’était pas la première à briser le cercle vicieux et auto destructeur dans lequel la planète est aujourd’hui entraînée. C’est la refondation du projet européen dont Debout La République entend être le défenseur en France.

Cette refondation est indispensable pour l’Europe et pour la France. Elle est aussi essentielle pour l’Outre-mer et pour La Réunion. En effet, elle permettra de redonner des marges de manœuvre à la solidarité nationale dont nos départements ont tant besoin. Elle mettra aussi les territoires ultra- marins au cœur de la stratégie européenne.

Libérer la solidarité nationale en faveur de l’Outre-mer.

Malgré le principe de subsidiarité inscrit dans les traités, suivant lequel chaque échelon administratif et politique de l’Europe (Union, Etat, Collectivités…) ne doit intervenir que dans les domaines pour lesquels il est le mieux placé pour agir, l’Union s’occupe de tout et partout. Elle intervient notamment dans les régions où elle mobilise les fonds dit « structurels » en faveur du développement économique, des infrastructures, de la formation des hommes ou de la cohésion sociale. Autant de compétences déjà largement partagées entre les différents échelons territoriaux.

Il faut rappeler que les moyens de l’Union proviennent des contributions des États membres. En France, ils s’inscrivent dans le cadre de plans d’action croisant les fonds européens avec ceux de l’Etat et des collectivités locales, eux même largement alimentés par l’Etat.

La France participant d’avantage au financement de l’Europe qu’elle n’en bénéficie, le contribuable français est donc en réalité le seul contributeur de ces plans d’actions pourtant estampillés du logo et du drapeau européens. Il est vrai, dès lors, que l’utilisation de ces fonds n’est plus déterminée par la représentation nationale de l’Etat souverain qui lève l’impôt mais par les directives et règlements européens.

La Réunion, comme les autres départements d’outre-mer fait partie des territoires prioritaires d’affectation des fonds structurels européens. À ce titre, elle est souvent citée comme une grande bénéficiaire de l’action de l’Union. Cette « vérité » mérite d’être nuancée. En définitive, l’Etat français se bat régulièrement pour obtenir en face de sa « contribution nette » un « retour sur investissement » bien légitime. Pour les DOM, en général, et La Réunion, en particulier, les fonds structurels européens ne font que recycler la solidarité nationale. Cependant, ils y ajoutent les contraintes européennes, dictées par l’impératif de respecter le droit commun de la libre circulation des hommes, des biens, des services et des capitaux, souvent inadapté à la géographie de nos territoires.

La refondation du projet européen autour de collaborations « à la carte » et de projets communs concrets aura pour conséquence de fermer cette véritable « usine a gaz » technocratique et de re concentrer les financements de l’Etat en faveur de la cohésion sociale et territoriale.

De même, elle libérera l’utilisation des fonds concernés des contraintes européennes. Ils pourront donc être orientés plus facilement et plus massivement en faveur des priorités ultra-marines et réunionnaises que sont notamment l’éducation, la continuité territoriale économique ou l’accompagnement sanitaire et social de nos populations.

Placer La Réunion au cœur du projet européen.

Dans son « discours pour la France » prononcé le 5 mai 1992 à la tribune de l’Assemblée nationale, Philippe Séguin plaidait déjà pour un projet européen prenant en compte la dimension ultra marine de la France. Il proposait que la construction européenne s’inscrive « dans un cadre souple qui favorise des coopérations efficaces mais aussi un cadre ouvert ou chacun pourra maintenir les solidarités qu’il entretient avec le reste du monde et qui sont souvent une part de lui même (…) un cadre ouvert pour éviter que le repli de certaines nations sur elle même ne débouche sur celui de l’Europe toute entière. » Il appelait à ce que la France assume sa « vocation messianique » et y entraîne l’Europe « en particulier dans la coopération Nord-Sud. »

Dans un tel cadre, les départements d’outre-mer et La Réunion joueront un rôle principal en Europe. A l’image de la Guyane qui est au cœur du projet spatial européen, notre département a vocation à porter sur son territoire la mise en œuvre des projets de coopération dont l’Europe doit se doter pour relever les défis de la mondialisation.

« Hot spot » de la bio diversité mondiale, notre île renferme des richesses naturelles essentielles à la recherche médicale. Située dans la plus grande zone économique exclusive de la France, elle est un poste avancé de l’Europe pour la valorisation de l’océan Indien. Exemplaire dans son projet d’autonomie énergétique, elle dispose de l’ingénierie nécessaire pour inventer et développer les sources d’énergie renouvelables dont l’Europe et les pays émergents ont besoin. Forte de la diversité

des origines de sa population et de sa position géographique. Elle est un exemple de société multiculturelle et multicultuelle construite grâce à la laïcité, spécificité de la République Française.

A ce titre, elle constitue un pont culturel qui favorisera le dialogue et les coopérations indispensables entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie.

La Réunion ne doit donc plus seulement être considérée comme une région « ultrapériphérique » de l’Europe, a laquelle il convient d’apporter un soutien financier et des dérogations réglementaires, au regard des handicaps structurels que lui font subir son isolement et son insularité : une « danseuse » assistée. Elle doit aussi pouvoir tirer partie des atouts que lui confère sa situation géographique et son histoire, être traitée avant tout comme une région centrale du projet européen et concentrer, à ce titre, une part significative des investissements nécessaires à sa réussite. Elle représente un espace pionnier vital pour une Europe indépendante soucieuse de défendre ses intérêts.

Pour La Réunion, l’avenir de la construction européenne revêt donc un caractère décisif. Soit l’Union persévère dans ses errements, dictés par la doctrine du marché unique, et notre ile restera à la périphérie d’une Europe frappée par l’austérité et le déclin. Sans leviers suffisants pour relever les défis économiques et sociaux qui lui sont propres, notre département s’enfoncera alors inexorablement dans la pauvreté. Soit le projet européen est refondé pour privilégier les coopérations à partir des atouts dont dispose chaque Etat membre, et notre île contribuera pleinement au développement et au rayonnement de l’Europe dont elle sera la première à tirer les bénéfices.

Le 25 mai 2014, à l’occasion des élections européennes, nous serons déjà face à ce choix capital. Il appartiendra aux Réunionnais de le faire en toute lucidité, sans céder à la caricature, à la démagogie ou au chantage facile aux fonds structurels.

D’ores et déjà, nous les appelons à soutenir l’Europe des coopérations concrètes. Elle est la seule alternative crédible, réellement fidèle aux objectifs de paix et de prospérité qui fondent le projet européen. Elle saura valoriser les spécificités de chaque nation, la dimension de l’outre-mer français et les atouts exceptionnels de La Réunion.

Le Comité départemental de Debout La République www.facebook.com/DeboutLaRepublique974
Hugues MAILLOT – Secrétaire départemental – délégué de la 1ère circonscription,
Elizabeth DUCAROUGE – Déléguée de la 2ème circonscription,
Valérie DAMBREVILLE – Déléguée de la 4ème circonscription,
Michel GANGAYE – Délégué de la 6eme circonscription,
Thierry MARASCHIN – Délégué de la 7eme circonscription,
David SOULLARD – Délégué départemental à l’action militante.

 

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