Un père et son fils agressés par un individu alcoolisé et armé : “Je croyais qu’on allait mourir”

Ce jeudi 26 décembre, au tribunal judiciaire de Saint-Denis, Soilihi S., 23 ans, comparaissait pour avoir menacé son hébergeur, un ami de celui-ci et son fils, armé de couteaux. Le jeune homme, sous l’emprise de l’alcool, a été interpellé par les forces de l'ordre.
Arrivé à La Réunion il y a neuf mois pour chercher un avenir meilleur, Soilihi S., né le 3 octobre 2001, dispose d’un CAP en construction. Après un contrat CDD de quatre mois, il est au chômage depuis six mois, malgré le paiement de 200 euros par mois à son hébergeur. Ce jour-là, dans l’appartement qu’il partage avec d’autres, la tension monte et il s’en prend violemment à ses colocataires.
Accumulation ou effet de l’alcool ?
Sous l’emprise de l’alcool, Soilihi S. rentre aux environs de minuit, furieux. Prétextant être exploité et reprochant l’absence de nourriture, il perd son calme : “Les gens profitent de moi. Je fais presque tout ici”, clame-t-il.
Une des victimes, présente à l’audience, témoigne : “Il est entré dans la cuisine, a tout cassé, et s’en est pris à nous. Il a donné un coup de couteau au-dessus de la tête de mon fils, ce qui a dégonflé le lit gonflable”. L’hébergeur, réveillé par le vacarme, découvre Soilihi S. dans un état d’ébriété avancé. Il tente de le calmer en se mettant à genoux pour le supplier de faire moins de bruit.
Le jeune homme saisit alors deux couteaux et menace les trois victimes de mort. Malgré leurs tentatives pour le raisonner, la tension ne retombe pas. “Je me suis rendu compte qu’on parlait uniquement en chi mahorais, alors j’ai crié : ‘À l’aide, il veut nous tuer, il a des couteaux dans les mains.’ Un voisin a crié : ‘Dépose ces couteaux tout de suite.’ Et il les a déposés. Je croyais qu’on allait mourir, mon fils et moi”, raconte l’une des victimes, encore bouleversée.
Avant l’arrivée de la police, l’agresseur jette des bocaux en verre en direction de l’enfant et de son père. L’un d’eux atteint le garçon à la cheville gauche. “J’ai appelé le 115 pour me mettre à l'abri avec mon fils. Je suis venu à La Réunion pour fuir l’insécurité à Mayotte”, explique le père, veuf.
Interpellation et découvertes troublantes
La police interpelle Soilihi S., qui présente un taux de 1,1 g/L d’alcool dans le sang. Les tests de dépistage de stupéfiants se révèlent, quant à eux, négatifs. Lors de son arrestation, les policiers découvrent dans ses affaires des cachets d’ecstasy. Une perquisition permet de retrouver un total de 1.730 comprimés. “Moi-même, je n’avais pas confiance. Je sentais l’odeur de drogue dans sa bouche”, confie une des victimes.
Face à ces accusations, le prévenu se défend : “Ce n’est pas à moi. J’ai trouvé ça dans mon sac”. Selon lui, un certain Aboudou lui aurait demandé de garder ces produits.
Une peine exemplaire
Déjà connu de la justice, Soilihi S. présente un casier judiciaire comportant trois mentions. “Violent envers ses propres hébergeurs, colérique, il n’a rien compris aux avertissements. Malgré ses diplômes, il ne cherche pas à s’insérer”, déplore la procureure, qui requiert 30 mois de prison, dont six assortis d’un sursis probatoire.
Le tribunal le déclare coupable de violences avec arme et le condamne à 30 mois d’emprisonnement, dont six avec sursis, assortis d’un maintien en détention. À sa sortie, il devra suivre des démarches pour trouver un emploi et des soins adaptés. Une interdiction formelle de s’approcher des victimes lui est également imposée.
Concernant les stupéfiants retrouvés, l’enquête n’a pas établi de lien entre le prévenu et un trafic. Aucune trace compromettante n’a été relevée sur son téléphone ou son compte bancaire.


