Un homme fait irruption sur un terrain de hand-ball et sort un couteau

Le 6 aout dernier, au gymnase de Champ-Fleuri, un match de hand-ball a bien failli tourner au drame. Il est 21 h 40 quand Emeric M., âgé de 28 ans, assiste avec un dalon à un tournoi de hand-ball. Passablement alcoolisé, il se trouve derrière la table de marque et invective un joueur d'une des équipes. À la fin de la première mi-temps, le ton monte entre les deux protagonistes qui finissent par s'insulter, le joueur lui demandant de rester poli. D'un seul coup, Emeric M. sort un couteau de sa poche et menace le joueur. L'arbitre intervient en désarmant l'agresseur qui se trouve ensuite pris à partie par les joueurs. La police intervient, l'interpelle et le place en garde à vue. Il est jugé ce lundi dans le cadre de la comparution immédiate. "Je suis sorti du terrain quand on me l'a demandé et je n'ai menacé personne", indique-t-il à la barre.
Le prévenu explique ensuite qu'il a sorti le couteau car "les gars marchaient sur moi". Là où le bât blesse, c'est qu'il est sous contrôle judiciaire avec une interdiction de détenir ou porter une arme. Présente à l'audience, la victime confirme ses déclarations, indiquant qu'ils se connaissent et qu'ils sont en compte pour des faits plus anciens, ajoutant : "Il a pointé le couteau vers moi et a menacé de me tuer". Même son du côté du parquet qui estime que "le témoignage de la victime est confirmé par les déclarations de l'arbitre qui se trouve être un ancien gendarme". La procureure, qui poursuit ses réquisitions, met l'accent sur "le manque de conscience du prévenu sur son comportement, qui plus est lors d'une rencontre sportive alors qu'il est sous le coup d'une interdiction de porter une arme". La magistrate requiert une peine de 5 mois de prison plus la révocation de 4 mois de sursis probatoire avec maintien en détention dans l'attente d'un placement sous bracelet électronique.
"La situation interroge alors que trois versions s'opposent dans ce dossier", répond la défense, qui poursuit : "Si je devais n'en retenir qu'une, ce serait celle de l'arbitre qui est neutre. Il (le prévenu, ndlr) est alcoolisé au moment des faits, mais légèrement. Il manque des témoignages afin de faire toute la lumière sur la matérialisation de l'arme. Sa version ne vaut pas moins que celle des autres. De plus, rien ne prouve les violences au regard des témoignages, ce sont plus des menaces", plaide la robe noire qui demande une peine assortie d'un bracelet électronique, sans maintien en détention.
Au final, le tribunal déclare le prévenu coupable et le condamné à 6 mois de prison aménagés sous bracelet électronique, ainsi qu'à une nouvelle interdiction de porter une arme pendant 3 ans, une interdiction de contact avec la victime, et la révocation de 4 mois du sursis précédent. De plus, il devra s'acquitter de 500 euros de dommages et intérêts pour la victime.


