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Un couple arrêté avec six pains de cannabis au retour d’un drive de drogue au Port

Ecrit par Eric Lainé – le samedi 6 septembre 2025 à 16H27

Ce vendredi, deux hommes de 27 et 31 ans ont été condamnés à de la prison ferme dans le cadre d’un petit trafic de cannabis entre amis. L’un s’approvisionnait dans un drive du Port pour le compte de l’autre.

Le 31 août dernier aux environs de 17 heures, les policiers procèdent au contrôle d’un véhicule à Saint-Denis. A l’ouverture de la vitre, ils détectent tout de suite une odeur suspecte de cannabis. Le couple subit un test de dépistage. La femme est positive à la cocaïne. Archimède H. P., 27 ans, réagit à presque tout… cannabis, cocaïne et opiacés. Il a aussi un pochon d’un gramme de poudre sur lui.

Mais les policiers ne sont pas au bout de leurs surprises. Ils remarquent un sac beige sur la banquette. Ouvert, celui-ci contient six pains de résine de cannabis d’un poids total de 566,90 grammes. Arrestation puis perquisition au domicile. Les policiers retrouvent des pochons de cocaïne pour 3,82 grammes et une balance de précision. Mais aussi du bicarbonate de soude.

Il fabrique son crack

Pourquoi un tel produit ? Sans emploi, Archimède H. P. est un peu chimiste à ses heures perdues. Il porte à ébullition de la cocaïne et du bicarbonate de soude pour obtenir du crack. Polytoxicomane, il consomme à peu près tout ce qu’il y a sur le marché.

En garde à vue, il se met à table à propos de la résine de cannabis. Il dit avoir acheté les six pains pour 3 000 euros au drive du Port. Un point de vente rapide avec guetteurs et dealers à ce qu’il semble. Mais Archimède se défend d’avoir acheté la marchandise pour son compte. Il livre le nom du véritable acheteur, un certain « Bosch ».

« Bosch » identifié via Facebook

Les enquêteurs sont dubitatifs. Encore un petit nom gâté, bidon sans doute. Sauf qu’Archimède H. P. a sans doute péché par excès de confiance. Car en épluchant son téléphone, ils vont finir par identifier le fameux « Bosch » par le biais de photos sur son compte Facebook.

C’est ainsi que François-Paul Z. est coffré à son tour. Il nie être le commanditaire pour les six pains de cannabis d’une valeur marchande comprise entre 8 500 et 11 300 euros à la revente au détail. Par contre, il avoue avoir déjà acheté une demi savonnette à Archimède H. P. pour en retirer un petit bénéfice de 100 euros. Histoire de se refaire après sa sortie de prison.

« Je n’ai pas 3 000 euros devant moi »

Archimède H.P. change son fusil d’épaule quand il découvre que son ami a été arrêté. Il balance un acheteur énigmatique dont on ne saura rien, pour dédouaner son copain. Il avoue aussi revendre pour payer sa consommation. Mais il est trop tard. Car en explorant les téléphones des deux hommes, les enquêteurs découvrent qu’ils s’échangent régulièrement des images ayant trait au trafic de produits stupéfiants, mêlant drogue et argent.

Y compris une photo des pains de cannabis achetés au drive du Port, envoyée entre trois échanges téléphoniques avec deux téléphones différents. « Pourquoi vous aurait-il envoyé cette photo ? », demande la présidente du tribunal. « Je ne sais pas ce qui lui est passé par la tête. Lui c’est lui et moi c’est moi. Et puis je n’ai pas 3 000 euros devant moi… », s’agace François-Paul Z. « Pourquoi avez-vous toutes ces photos de stupéfiants ? », renchérit la magistrate. « C’est pour m’inciter… », coupe le prévenu.

« On vous voit avec deux fusils (..) »

Le substitut du procureur en profite pour interroger Archimède H. P. sur la présence de la photo numéro 11 dans sa galerie d’images. « On vous voit avec deux fusils sur la photo, un à l’épaule et un autre pointé vers l’objectif… » « C’était comme ça… », réplique le prévenu.

Avec trois mentions à son casier, Archimède H. P. est un poids plume. Difficile d’en dire autant de François-Paul Z. qui n’en compte pas moins de vingt, surtout pour des violences mais aussi pour des affaires de stupéfiants.

« Bien sûr, cela ne lui permet pas de faire du jet-ski à Dubaï »

« L’inquiétant dans ce dossier est qu’il illustre une forme de banalisation complète du trafic de stupéfiants comme l’indiquait un récent rapport de l’Ofast. Il est normal pour eux de revenir au trafic de stupéfiants en sortant de prison pour se refaire », commente le substitut du procureur. Et d’ajouter à propos d’Archimède H. P. : « Bien sûr, cela ne lui permet pas de faire du jet-ski à Dubaï mais il en vit à petite échelle sans travailler. » Il requiert à son encontre trois ans de prison dont un an avec sursis probatoire.

Pour François-Paul Z., le substitut est convaincu que les pains de cannabis lui étaient destinés. Etant donné son casier ultra-chargé, il réclame trois ans de prison ferme et la révocation de six mois de sursis. En défense, l’avocat d’Archimède H. P. estime que la preuve de son implication n’est pas avérée. Le conseil de François-Paul Z. mise sur un aménagement de peine.

Finalement, Archimède H. P. écope de deux ans de prison dont six mois avec sursis probatoire avec obligation de soins et de travailler. Il doit en outre s’acquitter d’une peine d’amende de 5 000 euros. François-Paul H. P. est condamné à 18 mois de prison ferme et à la révocation de six mois de sursis. Soit deux ans ferme. Sa peine d’amende a été fixée à 3 000 euros. Tous deux sont placés sous mandat de dépôt.

Etiquettes : Le Port | Trafic de drogue

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