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Un an après Chido, l’ONF lance un plan de restauration forestière sur quinze ans à Mayotte

Ecrit par N.P. – le dimanche 14 décembre 2025 à 17H06

Dévastées à plus de 80 % par les rafales du cyclone Chido en décembre 2024, les forêts mahoraises font aujourd’hui l’objet d’un vaste plan de restauration piloté par l’Office national des forêts. L’organisme vise un retour progressif du couvert végétal d’ici quinze ans.

Dans la nuit du 13 au 14 décembre 2024, le cyclone Chido a balayé Mayotte avec des vents dépassant les 200 km/h, laissant derrière lui un paysage de désolation. En quelques heures, près d’un tiers du couvert forestier de l’île a été anéanti, certaines zones enregistrant jusqu’à 80 % d’arbres détruits. Un an après, l’Office national des forêts (ONF) dresse un bilan sans appel : toutes les forêts publiques de l’île ont été touchées, les voies d’accès rendues impraticables et les limites mêmes des massifs effacées.

Biodiversité mahoraise bouleversée

La catastrophe a bouleversé la biodiversité mahoraise, frappant de plein fouet les espèces frugivores comme les chauves-souris forestières et les makis, privés de leurs ressources alimentaires. Depuis, les équipes de l’ONF et du Conservatoire botanique national de Mayotte (CBNM) se mobilisent pour sécuriser les sites sinistrés, déblayer les routes et cartographier les dégâts. Une expertise conjointe avec ONF International a permis de dresser des cartes précises du niveau d’impact et de redéfinir les périmètres forestiers pour prévenir tout défrichement illégal.

Mais la reconstruction s’annonce semée d’embûches. L’observation de la régénération naturelle a révélé deux obstacles majeurs : la prolifération d’espèces invasives comme l’acacia ou la corbeille d’or, qui freinent le retour des essences locales, et la rareté des graines disponibles pour reconstituer les peuplements détruits. Pour y faire face, l’ONF prévoit la création d’une banque de graines financée par le Fonds vert, en partenariat avec le CBNM et des pépiniéristes mahorais, afin d’assurer la diversité génétique des futures forêts.

Un reboisement progressif de 20 hectares par an

« Nous avançons pas à pas, en tenant compte de la résilience des forêts et des capacités des acteurs locaux », explique Rachida Omar, directrice déléguée de l’ONF à Mayotte. L’établissement table sur un reboisement progressif de 20 hectares par an à partir de janvier 2026, avec un objectif de retour à un couvert forestier satisfaisant d’ici dix à quinze ans.

Lire aussi : Mayotte : un an après le cyclone Chido, la reconstruction se fait attendre

Pour suivre cette reconstruction, un Observatoire forestier de Mayotte verra le jour en 2026. Il s’appuiera sur des vols de drones et la photo-interprétation pour surveiller la régénération, lutter contre le déboisement et prévenir les occupations illégales.

Etiquettes : Mayotte

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