Trois enfants en bas âge et détresse financière : une mère de famille de Saint-André tombe dans le trafic de cocaïne

Gwendoline O. a comparu devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis ce mardi 17 février pour trafic de cocaïne. Mère célibataire de trois enfants, elle s'est défendue à la barre de difficultés financières.
Ils étaient deux à comparaître devant le tribunal. Rapide retour en arrière, en juillet dernier. Une voiture effectue des manœuvres étranges et finit par s'arrêter en pleine pente, sur un parking de Saint-André. Un homme s'approche et la police remarque une transaction. L'homme est intercepté par les forces de l'ordre. La conductrice, elle, est contrôlée.
Dans son véhicule, les policiers retrouvent plusieurs bonbonnes de cocaïne. La conductrice, Gwendoline O., est interpellée avec son compagnon, qui possède lui aussi de la drogue sur lui. Les enfants de madame, en bas âge, sont présents à l'arrière de la voiture.
Lors de la perquisition de son domicile, les enquêteurs retrouvent chez elle d'autres quantités de cocaïne, du matériel de conditionnement et plus de 1000 euros en numéraire. Ils sont tous deux interpellés.
Des versions différentes
La mère de famille explique ensuite au tribunal comment elle est entrée dans ce trafic de stupéfiants. En 2023, après une séparation difficile avec le père de ses enfants, elle rencontre un groupe de personnes lors d'une soirée à Saint-Gilles. Pour faire face aux dépenses de la vie courante et subvenir aux besoins de ses trois enfants en bas âge, elle décide de dealer un peu de cocaïne sur Saint-André.
À la barre, Gwendoline O. réfute totalement une quelconque implication de son passager, Christophe A., son compagnon de l'époque, dans ce "petit" trafic de stupéfiants. Elle relate l'avoir mis au courant, plusieurs semaines après leur rencontre, qu'elle "dealait" pour arrondir ses fins de mois. Celui-ci, pourtant consommateur de cocaïne au moment des faits, lui aurait alors intimé d'arrêter tout ça.
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Pourtant, leur version est mise à mal lors de l'audience. Comme le soulève le ministère public, ce n'est pas du tout raccord avec les auditions. Christophe A. a en effet reconnu y avoir participé "deux ou trois fois" auprès des enquêteurs. Qui plus est, la procureure rappelle que le jeune homme a été retrouvé en possession d'une bonbonne de cocaïne au moment de leur interpellation.
"Pourquoi avoir accompagné madame lors de cette transaction ?" questionne le ministère public à Christophe A., qui explique simplement qu'à ce moment-là, Gwendoline O. devait le déposer chez sa mère pour qu'il puisse récupérer des affaires.
De la coke en "libre-service"
Si Christophe A. semble moins impliqué dans le trafic de stupéfiants, difficile de nier que Gwendoline O. soit trempée jusqu'au cou. Comme relaté précédemment, les forces de l'ordre ont retrouvé plusieurs bonbonnes de cocaïne chez la prévenue, dont certaines étaient même posées sur un micro-ondes, à la vue des enfants.
"Il y a de la cocaïne en libre-service chez vous, avec des enfants en bas âge ?" demande la procureure, qui met la mère de famille face à ses responsabilités. "Vous les faites participer au réseau ? On a placé des enfants pour moins que ça", enchaîne le ministère public.
Dans son réquisitoire, la magistrate rappelle que Christophe A. est parfaitement au courant des activités de sa compagne et que les faits sont clairement caractérisés. Concernant ce trafic, opéré manifestement en présence des enfants, la procureure évoque une "inconscience pure et simple".
À l'encontre de Christophe A., qui présente une mention devant le tribunal pour enfants, elle requiert 5 mois de prison assortis d'un sursis simple et 500 euros d'amende. À l'encontre de Gwendoline, dont le casier est immaculé, une peine de 12 mois avec sursis et 2 500 euros d'amende.
Une prévenue "inconsciente" mais en "difficulté financière"
La défense de Gwendoline O. évoque l'inconscience de sa cliente, qui a plongé dans le trafic de stupéfiants. La robe noire relativise toutefois : la mère de famille était en "difficulté financière" à la suite de sa séparation avec le père de ses enfants. Une volonté, donc, de subvenir aux besoins de ses marmailles. Gwendoline O. n'avait, selon la robe, pas conscience de la gravité des faits.
L'avocate rappelle qu'on ne parle pas ici d'un important trafic de stupéfiants, et que sa cliente a bénéficié de peu de recettes dans son opération. Elle demande d'abaisser le quantum requis par le ministère public.
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Une défense qui a sensiblement fait écho au tribunal, puisque les juges ont condamné Gwendoline O. à une peine de 12 mois de prison avec sursis, 1 000 euros d'amende dont la moitié assortie du sursis. Quant au compagnon, il écope de 3 mois de prison avec sursis et une amende de 300 euros. Lui n'avait pas d'avocat pour le représenter.


