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Un projet de train à La Réunion mis sur les rails

Ecrit par Baradi Siva – le vendredi 29 août 2025 à 15H00

La Région Réunion a dévoilé les résultats des travaux des États généraux de la mobilité. La mise en place d'un projet ferroviaire a été demandé par la population lors de cette consultation. Huguette Bello affirme que le chanteir pour lancer le Train Réunion Express démarrera en 2030.

Aujourd’hui marque le retour du projet de train à La Réunion”, annonce en grandes pompes, Huguette Bello, présidente de Région. Entourée des représentants des collectivités et des responsables des instances publiques chargées de la mobilité.

Le Train Réunion Express vise à relier Saint-Benoît à Saint-Pierre en passant par l’Ouest en l’espace de 35 minutes. Un à deux arrêts sont prévus dans chaque commune traversée. Le projet coûtera 3 milliards d’euros. Le plan de financement mis en place vise à ne pas avoir d’impact sur le pouvoir d’achat des Réunionnais dans les prochaines années.

Le chantier du TER devrait débuter après la fin de celui de la NRL, soit en 2030. Mais la présidente de Région insiste sur le fait que des premiers aménagements verront le jour “très bientôt”.

En effet, le Train Réunion Express devra s’inscrire dans un maillage global des transports : des pôles d’échanges multimodaux verront le jour.

Financement et administration du train

Parmi les nouveautés inscrites dans la feuille de route des mobilités signées ce jour, la création d'un nouvel outil de supervision des grands travaux. Une Société locale des Grands projets va être créée. Elle aura pour but d'unifier la maîtrise d'ouvrage mais aussi de garantir le financement des infrastructures. Les élus assurent que cet organe de gestion permettra aussi de permettre une continuité des travaux malgré des possibles changements de majorité dans les collectivités. Aucune disposition visant à éviter la perturbation des projets par les élections n'a cependant été présentée.

Une autre façon de limiter les coûts sera la création d'une structure d'ingénierie et de financement à La Réunion. La feuille de route prévoit aussi une démarche collective de labellisation "Service Express Régional Métropolitain" pour avoir accès à des fonds spécifiques de l'Etat.

"Notre objectif est de garantir l'investissement par la SLGP sans toucher au pouvoir d'achat des Réunionnais", déclare la présidente de Région, Huguette Bello. Le plan de financement intégrera également des subventions du Fonds européen de développement régional du FEDER et de l'audit de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA)

Huguette Bello, présidente de Région, souligne que la réflexion autour de la feuille de route des mobilités se base sur la consultation publique lors des États généraux des mobilités. Elle insiste aussi sur le travail commun réalisé au-delà des clivages politiques.

L’Est et le Sud ne veulent pas “rater le train”

Les présidents des intercommunalités de l’Est et du Sud ont petit à petit effacé le sourire d’Huguette Bello au fur et à mesure de leurs interventions.

Déjà, samedi dernier, la Cirest, la Civis et la Casud s’étaient réunis pour expliquer se sentir délaissés par la stratégie côtière inscrite dans la feuille de route des mobilités. Jacquet Hoarau a réutilisé sa formule fétiche du week-end et a appelé à ne pas "rater le train" du développement économique des micro-régions. "On va encore condamner les échanges économiques entre l'Est et le Sud", déplore le président de la Casud, qui appelle à la requalification de la RN3 avec notamment un train dans les Hauts.

Ces inquiétudes ont été partagées par le président de la Cirest qui demande à ce que le littoral soit relié aux Hauts, avec des pôles d'échange multimodaux, aux équipements autour du train, à l'amélioration des routes. "Si nous voulons convaincre nos habitants à changer leurs habitudes, il faut que les réseaux leur proposent des solutions concrètes", indique Patrice Selly, avant d'ajouter "l'Est doit être acteur et pas spectateur. Nous disons oui au train, mais nous disons aussi que ce projet ne réussira que s'il prend en compte les besoins de tous les territoires. Il s'agit de transport, mais aussi de cohésion sociale, d'égalité des chances."

Le président de la Civis, David Lorion, a fait écho au sentiment de ses confrères sudistes et de l'Est : "Avec notre géographie en chapeau chinois, il y a un monde de l'intérieur. Le monde des Hauts est moins bien desservi. Les tracés de rabattement vers les Hauts doivent être gravés dans le marbre."

Interrogé sur ces réserves des intercommunalités de l'Est et du Sud, Fabrice Hoarau, conseiller régional délégué à l'environnement, à la problématique des déchets, aux routes et aux mobilités durables : "Ce n'est plus un projet régional, mais un projet réunionnais. Quant aux connexions vers les Hauts, sur les 3 milliards : 800 millions sont prévus pour ces mesures de rabattement. Et pour les autres projets, ils devront être débattus lors de la révision du SAR."

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