Tourisme : la taxe Barnier enfin mise en place à La Réunion ?

Jamais mise en place dans l’île, la taxe Barnier, issue d’une loi de 1995 pour la protection des espaces naturels, pourrait être mise en place dès 2026. Un moyen pour soulager les finances publiques du lourd coût de la protection du lagon.
Voilà une nouvelle qui risque de faire grincer quelques dents du côté des professionnels de la mer de la côte Ouest. Le GIP derrière la Réserve marine pourrait enfin sortir la carte “taxe Barnier” après avoir tergiversé à l’appliquer depuis sa création en 1995.
À l’époque ministre de l’Environnement, Michel Barnier avait proposé la mise en place d’une taxe sur les transporteurs touristiques qui opèrent dans des zones protégées. Le produit de la taxe récolté parmi ces professionnels est ensuite reversé aux gestionnaires du lieu, le plus souvent des parcs nationaux ou des conservatoires du littoral. Depuis 2021, elle est fixée à 7% du prix d’un billet vendu aux touristes, dans la limite 1,70 euros maximum.
Des financements pour pallier le désengagement de l'État
Désormais, sa mise en place à La Réunion ne serait qu’une question de temps. “Il s’agit d’un petit montant qui permet à la Réserve de remplir ses missions et de remplacer les équipements abimés. La décision a été validée lors d’une réunion avec les différents partenaires membres du GIP. Les discussions vont commencer cette année, et on espère une mise en place dès 2026”, précise Philippe Malizard, le sous-préfet de Saint-Paul, qui préside également le GIP Réserve marine.
Si la taxe Barnier ne concerne que le transport de passagers dans la Réserve, d’autres activités pourraient aussi se voir demander de participer. “La question d’une contribution pour certains professionnels, comme les clubs de plongée, qui utilisent des équipements installés par la Réserve, peut se poser. Cela ne peut représenter que quelques centimes par plongeurs, soit une poignée d’euros pour un bateau”, poursuit le sous-préfet.
“Un dispositif d’amarrage peut coûter jusqu’à 2000 euros, et même une simple réparation peut vite se chiffrer. Il faut savoir qu’une sortie pour des travaux en mer peut coûter jusqu’à 3.000 euros, car ce sont des entreprises spécialisées qui sont envoyées. C’est autant d’argent que la Réserve ne peut pas mettre dans la protection du lagon”, explique une agente de la Réserve. Des réunions avec les professionnels de la mer devraient avoir lieu prochainement afin de discuter de sa mise en place réelle.


