Tonnages au plus bas, richesse en berne : Téréos veut croire à un rebond de la canne en 2026

Malgré une richesse historiquement faible, conséquence des deux cyclones consécutifs qui ont ravagé les cannes, Téréos dresse un bilan moins sombre qu’attendu de la campagne avec des tonnages au final moins catastrophiques que prévu mais qui restent au plus bas historique. Sauf nouvelle catastrophe, l'industriel estime que les conditions sont réunies pour amorcer un redressement dès l’an prochain.
Au final, elle aura été un peu meilleure qu'espéré. Avec une estimation de 1.132.000 tonnes broyées cette année, la campagne atteint quasiment le même tonnage que l'année dernière alors qu'une plongée sous la barre du million de tonnes, une première, était crainte en début de campagne.
Une bonne nouvelle de façade. Le tonnage reste très faible, quasi au plus bas historique. Pour rappel, en 2019, les deux sucreries avaient réceptionné un peu plus de 1,7 million de tonnes de cannes. Un chiffre déjà en diminution à l'époque. Depuis, le tonnage n'a fait que chuter d'année en année.
Comme prévu, le Sud a été davantage épargné par les ravages de Garance. L'usine du Gol a terminé sa campagne ce jeudi avec un tonnage de 570 000 tonnes, contre 545 000 l'année dernière, et une richesse moyenne de 12,92. Une richesse bien supérieure à celle de l'Est mais qui reste en-dessous de celle connue par le Sud en 2024 (13,22).
À Bois-Rouge, les tonnages se sont améliorés au fur et à mesure de l'avancée de la campagne pour terminer aux alentours de 562 000 tonnes, contre 591 000 tonnes l'année dernière, mais avec une richesse moyenne catastrophique de 10,37. C'est près de trois points en deçà de la moyenne décennale de l'usine (13,17).
Une campagne marquée par les cyclones et les pannes
Au moment de tirer un premier bilan, le directeur agricole de Téréos et co-président du CPCS, Florent Thibault, évoque une "campagne inédite", conséquence de l'ampleur du cyclone Garance qui a ravagé en février des champs déjà mis à mal l'année dernière par Belal.
Au final, "on retient un tonnage quasiment équivalent à l'an dernier, mais une richesse très en retrait sur Bois-Rouge avec des capacités d'extraction très compliquées pour l'usine". La campagne aura été marquée par une succession de pannes.
Conséquence directe : des revenus en baisse pour les planteurs, de l'Est et du Nord en particulier. La raison de l'intervention récente des Jeunes agriculteurs qui ont interpellé l'usinier et l'interprofession afin que des solutions soient trouvées pour soutenir la trésorerie des planteurs et éviter que beaucoup ne soient redevables à l'usine (sur l'avance de 30 euros payée par tonne de canne livrée tout au long de la campagne).
Lire aussi : Canne : les Jeunes Agriculteurs tirent la sonnette d’alarme et réclament des mesures immédiates
"Il faut d'abord rappeler que grâce aux mesures prises par l'État rapidement après le cyclone, on a pu terminer avec des tonnages moins catastrophiques que prévu. Globalement, grâce à l'ensemble des dispositifs publics et de l'interprofession, les revenus ont été impactés mais pas à la dimension du cyclone que l'on a connu. Mais oui, il va y avoir un pic de déficit de trésorerie en décembre", répond dans un premier temps l'usinier.

Des mesures pour soulager les trésoreries
Des mesures complémentaires ont été prises. Téréos a décidé de reporter de l'ordre de "400 à 500.000 euros" le remboursement du trop-perçu de campagne à l'année prochaine et l'interprofession d'étaler celui des aides aux intrants, via des prêts remboursables, sur les deux prochaines années, à hauteur de 800.000 euros. Le tout dans l'attente du versement des reliquats de l'aide à la production à partir de février.
Quels espoirs pour la prochaine campagne ?
Après deux années de tonnages tombés à leur plus bas historique, l'industriel a-t-il encore l'espoir de voir ces derniers repartir enfin à la hausse l'an prochain ? Florent Thibault veut y croire : "Structurellement nous avons des atouts ; d'abord un plan de relance qui fonctionne avec beaucoup d'hectares remis en culture chaque année. Il y a aussi eu les États généraux en juillet, qui ont mis en phase les planteurs, les collectivités, l'État et l'Europe dans un objectif de relancer la filière sur la durée."
Le climat de la campagne a aussi été propice à la canne selon lui, "avec des rendements par endroits de 120 à 140 tonnes/ha. Sans Garance, nous aurions pu avoir une très belle campagne sur la zone nord-est".
Des conditions qui vont s'appliquer aux cannes "qui sont actuellement en repousse, celles qui ont été coupées en début de campagne".
L'espoir d'un répit climatique
En espérant cette fois un répit du côté des catastrophes climatiques après deux cyclones qui ont frappé coup sur coup La Réunion, mais aussi du côté de la sécheresse, "on peut espérer qu'avec des conditions normales on puisse retrouver des tonnages qui remontent progressivement".
La filière croise les doigts.


