Thierry Robert à nouveau jugé pour menaces

Thierry Robert ne veut plus que la presse parle de lui. Mais c’est en tenant des propos "déplacés" selon son avocate, et "menaçants" selon le tribunal correctionnel de Saint-Denis, envers le président du Journal de l’Île, Abdoul Cadjee, et le directeur de publication, Jacques Tillier, que justement, il fait parler de lui.
Pour rappel, l’ancien député, conseiller général et maire s’est retiré de la sphère politique en 2018 suite à sa condamnation à trois ans d’inéligibilité. Mais son nom figurant malgré tout trop souvent dans les éditos de Jacques Tillier, il a voulu mettre les choses au clair. "S’il (Jacques Tillier, ndlr) cite mon nom, vous allez entendre parler de moi", "qu’il essaie et vous allez entendre", "je vais vous montrer vraiment comme je suis fou" ou encore "si Tillier veut faire un bras de fer avec moi, il va le regretter" figuraient parmi les propos tenus au téléphone avec Abdoul Cadjee. Une conversation que Thierry Robert a enregistrée et postée sur sa page Facebook.
"Depuis plus de 10 ans, à aucun moment dans le JIR il n'y a eu des articles positifs"
Condamné en octobre dernier à quatre mois de prison avec sursis pour "menaces de délit contre les personnes avec ordre de remplir une condition", il avait fait appel de la décision. Ce jeudi, il se trouvait donc devant la cour d’appel pour répondre de ces faits. "Depuis plus de 10 ans, à aucun moment dans le Jir il n'y a eu des articles positifs, quoi que je fasse, déclare-t-il, en décembre 2008 j’ai démissionné de tout mandat politique et malgré tout, il y avait encore des articles pour me dénigrer. Il faut à un moment donné qu’on me laisse tranquille". Il évoque son rôle de père de jeunes enfants "pour qui c’est difficile à l’école".
Quant à ses propos : "Je n’ai fait aucune menace de mort ou physique". Pour lui, la menace aurait été celle de faire une grève de la faim devant les locaux du journal. Pour son avocate, Me Séverine Ferrante, il s’agissait d’un échange entre "deux hommes qui se connaissent et se tutoient" qui n’a "pas inspiré la crainte chez monsieur Cadjee". L’intention de menacer les victimes d’un délit ne serait aussi pas constituée ; Thierry Robert ayant lui-même publié la conversation sur Facebook.
Mais pour l’avocat général, les deux condamnations précédentes pour diffamation qui figurent sur le casier judiciaire montrent "une forme d’impulsivité". D’autant plus que la deuxième condamnation a été prononcée pour des faits datant de 2019, soit après cet appel téléphonique. Il reprend également la plaidoirie de Me Alain Rapady, avocat pour les parties civiles, qui rappelle le lien entre une démocratie et le travail journalistique. "La liberté de la presse est indicateur du niveau de démocratie", déclare le représentant de la société.
Une liberté qui n’est malgré tout pas sans limite ; Jacques Tillier aurait 26 condamnations pour diffamation sur son casier judiciaire.
La cour d’appel rendra sa décision le 8 juillet prochain.


