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Théâtres Départementaux: L'ex-directeur conteste le licenciement de huit employés

Jacques Dambreville, ancien directeur de l'ODC, sort de sa réserve pour protester contre le licenciement de "huit mères et pères de famille". L'intégralité de son courrier est à retrouver ci-dessous.
Ecrit par zinfos974 – le samedi 8 avril 2017 à 11H17
"Je me suis abstenu de tous commentaires depuis mon éviction de la direction des théâtres par respect pour mes anciens partenaires et par fierté, comme dit créole "coq battu y mette pu dan' rond, même si la fait le la".
 
Mais aujourd'hui devant la catastrophe annoncée, je me dois de sortir de ma réserve.
J'apprends que huit de mes anciens camarades de travail vont être virés par les nouveaux petits patrons.
 
Moi Jacques DAMBREVILLE, ancien directeur de l'ODC, je proteste de la manière la plus énergique contre cette funeste décision en approuvant tous les arguments de ce courrier anonyme que j'aurais pu signer.
 
Je me permettrais juste de rappeler, au risque de paraitre comme un prétentieux ou un vilain revanchard que l'lorsque j'ai pris la direction de l'ODC, la structure accusait un déficit de 3 millions de francs et qu'elle était menacée de fermeture. Quand j'ai rendu les clés, les comptes étaient fleurissants, le matériel technique de premier cri en parfait état de marche, avec un bilan d'activités plutôt flatteur, (créations théâtre, comédie musicale, résidences d'artistes) et autres festivals (théâtre, jazz et musiques de l'océan Indien). Sans oublier la construction du petit théâtre à Champ Fleuri et du petit badamier à St-Gilles. Le tout entrepris dans l'esprit du père fondateur de l'ODC, Eric BOYER qui plaçait avant et par dessus tout "Le respect et la reconnaissance de l'homme Réunionnais".
 
Je  le rappelle, non pas pour me valoriser, j'aurais préféré continuer cultiver mon jardin, mais je me dois de le faire pour affirmer que tout cela n'a pu être entrepris que parce que une poignée d'hommes et de femmes ont accepté de gros sacrifices au début financier et à la fin familiaux pour y arriver. 
 
Je n'accepte pas que des directeurs amateurs usurpateurs s'abritent et confortent aujourd'hui dans leur tour d'ivoire en sacrifiant celles et ceux qui ont bâti les fondations.
 
Comment expliquer que les experts de la commission qui ont étudié les dossiers d'attribution du marché de la DSP ne se soient aperçu la forfaiture?
 
De deux choses l'une, ou tout le monde le savait et donc le Département était d'accord pour les licenciements, ou, mais je n'ose le croire, les experts ont fait preuve d'incompétence. Et que l'on vienne pas me dire que les subventions de la mairie de St-Denis et de la Région n'ont plus suivi. Pour les premières, elles sont attachées à des actions conjointes qui s'annulent sans incidence financière lorsqu' elles ne se réalisent pas. Quand au retrait de la Région, ce n'est plus un secret pour personne depuis bien longtemps.  
 
Comment expliquer que l'élue responsable de la Culture puisse déclarer à la presse qu'elle n'était pas au courant et qu'elle est totalement démunie?
 
Il y a bien des solutions, la première serait de retirer le marché à ces incapables pour non respect de l'esprit de la DSP qui exige la reprise de la totalité des employés. Je crois même me souvenir qu'il y a une expertise au bout de la première année de fonctionnement.
 
Il y aurait aussi la possibilité de verser une subvention complémentaire équivalent aux coûts de la masse salariale manquante. Certes ce serait limite auprès des règles administratives et déloyale auprès des autres concurrents, mais il s'agit ici de la mort de huit innocents et au palais nous avons une reine...
 
Comment expliquer que les représentants du personnel reçus par les élus ont plus défendu leurs causes que celles des condamnés?
 
Point nécessaire de s'étendre on aura vite compris l'atmosphère qui règne au sein de l'entreprise, la charrette continue à faire peur..
 
Camarades ne vous laissez pas faire, battez vous, votre cause est juste, ce n'est pas de votre faute si le Département "la achète la fumée dan' gouni".
 
Pour terminer, je m'adresserai solennellement à vous ma chère présidente, pour m'avoir permis de réaliser les plus belles pages de ma vie professionnelle je vous dois beaucoup et mon affection pour vous a su surmonter ma rancœur, je crois aussi savoir que vous m'avez porté une certaine estime, en son nom je vous supplie de bien vouloir reprendre ce dossier et de ne pas permettre l'exécution de ses huit mères et pères de famille".

 Jacques DAMBREVILLE, ancien directeur de l'ODC.

 

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