Tentative de féminicide à Saint-Louis : l'accusé conteste et invoque l'accident

Le 27 mars 2023, l'épouse de Jean-Claude H., 70 ans, se présentait à la brigade de gendarmerie de St-Louis. Traumatisée, elle racontait aux militaires comment, dans le cadre d'une séparation compliquée, elle avait failli mourir quelques instants plus tôt dans le huis clos du domicile conjugal, suite à une tentative de féminicide.
"On a essayé plusieurs fois de se séparer. À chaque fois, elle est revenue", raconte de son côté le septuagénaire mis en examen pour tentative d'assassinat sur conjoint. En larmes, l'accusé emprisonné depuis un an souhaite convaincre la cour de le laisser sortir en attendant un éventuel procès où il pourrait encourir la réclusion criminelle à perpétuité.
Une tentative de féminicide présumée en pleine journée devant le commerce
L'homme frêle, crâne rasé pour masquer une calvitie, lunettes carrées qu'il ne cesse de manipuler pour masquer ses pleurs, n'a pas le physique des hommes violents qui se retrouvent à la barre de la rue Juliette Dodu. Son avocat qui plaide le contrôle judiciaire ce mardi raconte une tout autre histoire que celle invoquée par la victime.
Les époux, des commerçants de St-Louis, vont mettre fin à leur relation et doivent partager leurs biens. Raison pour laquelle ils se donnent rendez-vous le jour des faits. "Elle est venue de son plein gré, elle avait la clé", lance l'avocat du suspect. Au sous-sol du commerce, tout est en désordre et Jean-Claude H. a commencé à faire ses cartons. Une dispute éclate alors qu'il a un couteau à la main. La victime aurait pris peur et aurait tenté de s'emparer de l'arme se blessant du même coup au menton.
L'accusé avait préparé un panneau sur lequel il annonçait son intention d'en finir
De son côté, cette dernière explique avoir été menacée avec un revolver sur la tempe. Elle aurait ensuite été jetée au sol et son ex-époux aurait tenté de l'étrangler avec une corde. Faux réplique le mis en cause. Son intention était de se suicider et qu'elle ait sa mort sur la conscience. Il avait d'ailleurs préparé un panneau sur lequel il avait écrit son projet souhaitant à sa femme "une belle vie", ajoute la défense.
La victime aurait réussi à prendre la fuite pendant que son agresseur présumé avalait une bouteille de détergent et prévenait leur fille qu'il allait mourir. À l'issue de son hospitalisation, Jean-Claude H. avait été mis en examen et écroué.
Mardi, alors qu'il clamait toujours son innocence et que son avocat indiquait "qu'aucune corde n'avait été retrouvée par les enquêteurs sur les lieux", le président de l'audience faisait valoir la concordance des constatations médicales et du résultat des investigations menées sur les lieux avec les déclarations de madame : "du sang a été retrouvé sur le sol et ses blessures correspondent à ce qu'elle a raconté".
En attendant les suites de l'enquête, le juge d'instruction a souhaité que Jean-Claude H. reste en détention. Le ministère public s'est montré du même avis et la cour a suivi ces réquisitions.
Vous avez besoin d'aide ? Voici les moyens à votre disposition :
- Déposez plainte dans un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie
- Contactez un policier ou un gendarme de la plateforme numérique d’accompagnement des victimes.
- Appelez le 3919 - Violences femmes info
- Contactez le 114 - Envoi d'un SMS en cas de difficulté à parler ou entendre.
- Appelez le 3977 – Maltraitances des personnes âgées/majeures en situation de handicap.
- Contactez un service d'accès au droit.
- Contactez les dispositifs d'aide et d'accompagnement des victimes via le document à télécharger ci-dessous :
Les numéros utiles dans la lutte contre les violences conjugales de La Réunion (974)Le récapitulatif des ressources ici : https://arretonslesviolences.gouv.fr/besoin-d-aide
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