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Affaire de harcèlement à la mairie de Saint-Paul : la garde rapprochée du maire convoquée à la barre du tribunal

Ecrit par Eric Lainé – le vendredi 3 juillet 2026 à 06H02
Hôtel de ville de Saint Paul

Le procès pour harcèlement moral et complicité à la mairie de Saint-Paul, déjà renvoyé à deux reprises, s’ouvre ce vendredi devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis. À la barre : l'ex-DGS Valérie Picard, le 2e adjoint Sébastien Guyon et le directeur de cabinet du maire, Mustapha Omarjee.

L’affaire de harcèlement moral à la mairie de Saint-Paul, dénoncée au moyen d’un article 40 par Tristan Floriant qui était alors 1er adjoint du maire, est examinée ce vendredi par le tribunal judiciaire de Saint-Denis. Elle vaut à Valérie Picard, ex-directrice-générale des services (DGS), d’être soupçonnée d’avoir mis en difficulté pour mieux évincer une ex DGA, notamment en charge des ressources humaines.

Humiliée et mise à l’index lors de réunion de Codir, la plaignante avait fini par mettre fin à son détachement avant de réintégrer les services de la préfecture d’où elle était issue. En garde à vue, Valérie Picard avait fait des déclarations embarrassantes pour le maire et sa garde rapprochée.

« J’ai reçu l’ordre de [la] décharger »

« J’ai reçu l’ordre de [la] décharger. C’est d’un commun accord entre le maire M. Séraphin, M. Guyon et M. Omarjee, le dircab. C’est un débat que nous avons eu à plusieurs reprises avec le même résultat. J’ai temporisé au maximum pour mettre en place un véritable dossier de décharge à compter de décembre 2021. Ils voulaient que ça aille plus vite mais il fallait que je prépare les choses… »

Guyon
Sébastien Guyon doit répondre de complicité de harcèlement moral sur deux ex cadres de la mairie.

Pour leur part, Mustapha Omarjee et Sébastien Guyon n’ont eu de cesse de clamer leur innocence tout au long de leur garde à vue. Mustapha Omarjee a répété comme un leitmotiv que « tout est faux ». Il prétendra tout bonnement que l’ex-DGS a menti. Un témoin a pourtant confirmé que l’ex-DGA avait été « maltraitée lors de réunion de recadrage en présence d’un subalterne. Mise sous pression, invectivée publiquement, cible de ricanements et humiliée… » Et il ne sera pas le seul à faire part aux enquêteurs du désarroi dans lequel elle a été plongée au fil des auditions.

« Il n’y a pas eu de consigne pour pousser qui que ce soit vers la sortie »

Sébastien Guyon, quant à lui, n’a pas gardé de souvenir impérissable de la séance de recadrage pendant laquelle il était pourtant présent. « Il n’y a pas eu de consigne pour pousser qui que ce soit vers la sortie », a-t-il assuré aux gendarmes. Pour le reste, il a la mémoire qui flanche, se contentant de répondre généralement par la négative à toutes les questions susceptibles de le mettre en cause. Comme Mustapha Omarjee, il est sûr d’une chose : Emmanuel Séraphin ne savait absolument rien de cette affaire.

Entendu en audition libre, le maire de Saint-Paul assurera avoir été tenu à l’écart des difficultés qui régnaient au sein de la DRH jusqu’à la mi-juillet 2022 où il sera destinataire des lettres de démission de deux autres cadres du service dont l’une s’est constituée partie civile au procès.

Emmanuel Séraphin et Valérie Picard

« Souffrance majeure et généralisée »

L’amnésie de l’élu et du directeur de cabinet peut surprendre quand on sait que huit cadres ont quitté la DRH en peu de temps et qu’une lettre adressée à Valérie Picard par le médecin du travail faisait état de risques psychosociaux (RPS) dès le mois de janvier 2022. Dans son rapport, le praticien fait état d’une « souffrance majeure et généralisée ainsi que des troubles psychosociaux des agents et de l’ensemble du service » que personne n’aurait remarqué sauf les témoins et les intéressés.

S’il ignorait tout de l’ambiance de travail délétère et hautement toxique au sein de son service des ressources humaines, Emmanuel Séraphin prendra néanmoins la défense de sa garde rapprochée chez les militaires. « Il ne croit pas aux déclarations des employés mettant en cause le management de M. Guyon Sébastien ou la subordination directe de Mme Picard Valérie à M. Omarjee, son directeur de cabinet », indiquent les gendarmes dans leur synthèse.

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