[Témoignage] Quand le ciel vous tombe sur la tête et qu’un don de moelle osseuse vous fait renaître

Grosse fatigue, forte fièvre, nous sommes le 21 juin 2017 lorsque Sabrina, prise de symptômes grippaux, se rend à l’hôpital pour une prise de sang, avec juste son sac à main sous le bras. “C’était un mercredi, il y avait école. J’ai fait un bisou à mes enfants le matin, j’ai dit je reviens ce soir, je vais faire une radio. Je suis revenue le 21 juillet”, nous confie-t-elle.
Les bilans sanguins de Sabrina ne sont pas bons, elle craint une pneumonie, mais c’est un autre verdict qui tombe rapidement : elle souffre d’une leucémie aiguë myéloblastique.
“C’est le ciel qui vous tombe sur la tête”, explique la mère de famille. Le jour même, elle est admise au service d'hématologie du CHU puis dans l’unité des personnes protégées, “le bocal”, comme elle l’appelle, où elle devra rester 5 semaines sans qu’aucun contact physique avec ses proches ne soit possible. “Je les voyais derrière une vitre. Je ne paraissais pas malade, mes enfants voyaient mon sourire”, se souvient-elle, tout en soulignant “le travail et l’aspect humain remarquable du personnel hospitalier de Saint-Pierre”.
“À quand un donneur ?”
La professeure de biologie comprend très vite que, sans greffe de cellules souches de moelle osseuse, son état ne s’améliorera pas.
Dans cette chambre stérile, où elle entame sa première cure de chimiothérapie pour éliminer les cellules cancéreuses, Sabrina fait “les questions et les réponses dans sa tête” : “Je suis fille unique, mes enfants sont trop jeunes, à quand un donneur ?”
Dans le fichier international des donneurs, un premier match qui n'aboutit pas laisse place à un second, qui la garde pleine d’espoir.
À l’époque, les transferts de moelle ne se faisaient pas à La Réunion. “Ça voulait dire quitter La Réunion, laisser mes enfants, partir loin de mes proches pour une durée minimum de 4 à 5 mois.”
“Le jour où j’ai été greffée”
Après trois phases d’hospitalisation, elle part en novembre 2017 pour l’hôpital Necker, pour un nouveau bocal, où elle reçoit ce précieux don de moelle osseuse, qui lui permet de témoigner aujourd’hui.
“C’était la période la plus dure”, se souvient-elle. Consciente de la chance d’avoir trouvé un donneur compatible, sans promesse que la greffe prenne, Sabrina s’accroche : “Ce qui m’a fait tenir, c’était les enfants.”
Un an après la greffe, et malgré des complications médicales liées à celle-ci, Sabrina est guérie et décide de s’engager dans la sensibilisation au don de moelle osseuse. “Je dis toujours que j’ai deux anniversaires, le jour où je suis née et le jour où j’ai été greffée. Sans ce don, je ne serais plus là aujourd'hui.”
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