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Taxe carbone : la CPME Réunion compte sur le futur “Omnibus RUP” pour faire plier Bruxelles

Ecrit par J.D. – le lundi 29 décembre 2025 à 11H02

Alors que la taxe carbone sur les importations doit s’appliquer dès 2027, la CPME Réunion espère que le futur “Omnibus RUP” permettra d’exclure les outre-mer du dispositif. Soutenue par plusieurs élus européens, cette initiative vise à adapter la législation européenne aux réalités des territoires ultramarins.

Le compte à rebours est enclenché pour le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Dès 2026, les entreprises devront déclarer leurs importations issues de pays tiers, avant une taxation effective à partir de 2027. Pour l’économie réunionnaise, dépendante des matériaux venus de l’extérieur de l’Union européenne, la mesure s’annonce lourde de conséquences. Béton, acier, aluminium, engrais... figurent parmi les produits concernés.

“C’est un vrai problème pour les chefs d’entreprise, quelle que soit leur taille”, alerte Gérard Lebon, président de la CPME Réunion. “Ce MACF va renchérir nos coûts de production et frapper le pouvoir d’achat des Réunionnais.” Le syndicat patronal redoute une flambée des prix dans le BTP et plaide pour une exemption spécifique aux outre-mer.

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Jean-Philippe Payet, délégué général et Gérard Lebon, président de la CPME Réunion.

Article 349 : "C’est notre base juridique pour sortir les outre-mer du champ de la taxe carbone”

L’espoir vient cette fois de Bruxelles. La Commission européenne a ouvert une consultation publique sur un futur règlement baptisé “Omnibus RUP”, censé simplifier et adapter la législation européenne aux réalités des régions ultrapériphériques. Ce chantier, annoncé pour le printemps 2026, est piloté par le commissaire européen Raffaele Fitto. La députée européenne Isabelle Le Callennec (PPE), membre de la commission du Développement régional, s’est félicitée du lancement de ce travail préparatoire, saluant “un signal fort et attendu”.

Pour l’élue, les RUP doivent désormais être pleinement intégrées dans toutes les politiques européennes. “Les spécificités territoriales, géographiques et climatiques des régions ultrapériphériques imposent d’adapter les législations européennes”, a-t-elle plaidé. Elle appelle les représentants français, espagnols et portugais à s’engager activement pour défendre les intérêts de leurs territoires, tout en incitant les acteurs ultramarins à participer massivement à la consultation ouverte jusqu’au 12 janvier.

La CPME Réunion voit dans cette démarche un levier concret. “L’article 349 du traité européen permet un traitement différencié pour les RUP. C’est notre base juridique pour sortir les outre-mer du champ de la taxe carbone”, explique Gérard Lebon, qui a saisi la confédération nationale pour appuyer le dossier. Il invite les chefs d’entreprise à ne pas anticiper de hausses prématurées, le temps que les discussions aboutissent.

Pour l’organisation patronale, l’objectif est clair : éviter que la transition écologique européenne ne se traduise, à La Réunion, par une nouvelle barrière économique. “L’Europe doit renforcer les RUP, pas les enfermer dans un cadre qui les fragilise”, résume Gérard Lebon, qui plaide pour un véritable “réflexe outre-mer” à Bruxelles.

Etiquettes : Bruxelles | CPME | Taxe

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