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État d'âme d'un terrien

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 26 avril 2018 à 10H14

Cette année je vais avoir 29 ans et je pense qu'il est temps, bien que c'est très difficile pour moi, d'essayer du mieux possible de faire part de mes pensées. En espérant y trouver un écho parmi les lecteurs.
 
Aussi loin que je puisse m'en rappeler, je me suis toujours senti différent des autres. En même temps tout le monde est différent mais j'ai toujours senti que c'était autre chose. Une différence plus profonde qu'une simple différence de physique ou de caractère. Depuis tout petit je suis continuellement assailli par des milliers de choses dans ma tête. Je me questionne sur absolument tout, même les choses les plus insignifiantes pour la plupart des gens. J'ai très vite compris , à tord, que je devais garder tout ça pour moi, j'avais peur qu'on me prenne pour un fou ou qu'on ne me comprenne pas.
 
A l'école déjà, depuis le CP, je m'en rappelle très bien, je me cachais derrière des faux semblant pour me faire des amis, me faire accepter des autres. J'avais déjà cette capacité d'analyser les gens, de savoir exactement quoi faire pour me faire accepter par eux. Et cette " tactique " est resté très longtemps.
 
Je n'ai jamais, je dis bien jamais osé en parler à qui que ce soit mais le fait d'être anonyme derrière mon écran me conforte en quelque sorte.
 
Dans ma tête c'est un bouillonnement permanent, je ressens tout ce qui est autour de moi, je devine les émotions des gens, j'en souffre. Rien n'est simple pour moi, tout devient compliquer car dans ma tête tout va trop vite, je vois ce que les autres ne voient pas, je comprends ce que les autres ne comprennent pas.
 
J'ai toujours souffert d'une certaine ambivalence car j'ai toujours été persuadé d'être très intelligent mais en même je me sens très bête. C'est très difficile à expliquer.
 
Le soucis c'est que je n'ai jamais extérioriser tout ça. Je me cache derrière une apparence mais je n'y arrive plus.
 
J'ai développé des tocs compulsifs, j'ai des crises de colère, de violence même, je suis incapable de gérer mes émotions. Je suis à la fois très dure et froid mais au fond je suis très émotifs, j'ai tout le temps envie de fondre en larmes, je porte énormément d'attention et de force pour que tout le monde m'aime, c'est rassurant pour moi.
 
Je souffre de cette éruption continue dans ma tête, j'aimerai tellement pouvoir mettre mon cerveau sur pause par moment.
 
Pour vous donner un exemple :
 
Imaginez une scène, une simple pièce avec 2 personnes qui discutent sur une table en bois,  chacunes assient sur une chaise, avec une lampe allumée dans un coin.
 
Une scène très banal... voilà en gros ce que moi je vois :
 
En voyant la table je visionne sa constitution, je vois les cellules qui la composent. J'imagine l'arbre que c'était au milieu de la forêt. Je vois les racines de cet arbre puiser ses nutriments dans le sol. Je sens le vent qui a parcouru ses branches, la photosynthèse de son feuillage durant sa vie. J'imagine son abattage...À la scie ou à la tronçonneuse ? Si c'est à la scie j'imagine le métal en fusion qui est devenu sa lame, j'essaye d'imaginer l'endroit géographique d'où provient ce fer et ainsi de suite... Si c'est une tronçonneuse j'imagine les pièces du moteur s'imbriquer entre elles, je vois la combustion que provoque l'essence et la réaction physique qui fait que la chaîne de la tronçonneuse tourne pour couper l'arbre.  J'imagine le bruit de cette tronçonneuse, le son qui se propage dans l'air et en fonction de ses décibels , la longueur de propagation de l'onde...
 
Vous suivez toujours ?
 
La ce n'est que pour la table, il reste encore les 2 personnes, les 2 chaises et la lampe allumée...
 
Pour les personnes je vois les organes qui les constituent, le sang qui circule dans leurs veines, le coeur qui bat pour les maintenir en vie, j'imagine les courants électriques qui parcourt leurs cerveaux pour les permettre de parler, de bouger. J'imagine leurs émotions, leurs parcours dans la vie, j'imagine le moment où ils sont venu au monde, le premier souffle, leurs premières visions. J'essaie de savoir si ils sont heureux ou non, les émotions qui les assaillent... Quand ils parlent, j'imagine comment l'ordre part du cerveau pour finir par faire vibrer les cordes vocales. Tremblement qui va se conclure par un son audible et compréhensible pour l'autre en face. Et ainsi de suite...
 
Pour la chaise , si c'est du plastique j'imagine sa fabrication. Je visualise le pétrole qu'on a utilisé pour en faire du plastique. J'imagine cette substance noir et visqueuse emprisonné dans les couches de la terre sur laquelle on vit. J'imagine les efforts déployés pour l'extraire, la complexité de sa transformation pour en faire du plastique. J'imagine ses hommes et femmes seuls pour des longues périodes sur les plate-forme pétrolières.. la force des vagues, du vent, je sens même l'air marin qu'ils respirent...
 
La lampe, j'imagine l'électricité qui lui donne vie. Je vois la prise branché qui est parcouru d'électricité. J'imagine comment est fabriqué cette électricité. Je vois les centrales,  nucléaires ou pas. Si c'est une centrale nucléaire j'imagine comment cela se passe, je vois la fission nucléaire qui dégage des noyaux d'uranium et de plutonium en dégageant une énergie phénoménale... tout ça pour faire briller le firmament de l'ampoule de la lampe...
 
Je vais m'arrêter là pour cette scène, je vois beaucoup d'autre choses mais je pense que vous avez saisi.
 
Essayez maintenant d'imaginer ce bordel dans ma tête au quotidien. La moindre chose me lance dans des réflexions très intenses et interminable.
Je suis prisonnier de mes pensées et je n'arrive pas en tirer du bon...
 
En ce moment j'ai une profonde attirance pour la physique quantique, l'étude de la matière dans sa quintessence. Je me suis pris de passion sur les origines de l'homme et de notre monde. Et la physique quantique m'ouvre des portes incroyables,  j'ai enfin l'impression de trouver une explication à certaines de mes questions.
 
Tout ceci fait que je m'enferme, je ne parle pas beaucoup, je donne l'impression d'être froid et distant et d'avoir " toute la misère du monde sur mes épaules " comme dirait ma mère
 
Pour essayer de conclure j'espère que vous n'allez pas me voir comme un fou... c'est un effort important que je viens de faire pour essayer d'expliquer 1% de ce qui se passe dans ma tête.
 
Je vous laisse avec un petit florilège de certaines de mes interrogations, peut être que vous pourriez me répondre...
 
Si le temps renouvelle sans cesse le présent, pourquoi admettre que le temps passe ?
 
 
Qu'est-ce qui fait qu'on ne peut pas rester présent au temps présent ?
 
 
 Pourquoi, si on est tous constitué de la même matière, et que le lien entre nos pensées et la réaction de la matière est établi, on ne peut pas changer de forme à volonté ?
 
Voilà... il y a déjà de quoi vous faire avoir une migraine. 
 
Fin 

 

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