Tabagisme : Vers la fin des puffs et le début des e-cigarettes en pharmacie

“On est vraiment sur une hypocrisie sur ces produits qui sont évidemment développés pour les jeunes adolescents avec des parfums sucrés et un look qui rappelle la confiserie. On est sur un produit qui vise un public jeune et si possible mineur”, déclare le docteur David Mété, chef du service addictologie au CHU Réunion, pour qui le premier risque de la vente de ces produits est de voir des jeunes faire le chemin inverse de l’arrêt du tabagisme en commençant par là et en devenant accrocs à la nicotine via cette combinaison goût sucré, nicotine.
Le constat est partagé par François Braun qui a déclaré à RTL que "Ces produits amènent les jeunes vers le tabagisme".
Outre leur caractère addictif, le ministre de la santé déplore un "non sens écologique", puisque ces cigarettes électroniques prêtes à l'emploi ne sont pas rechargeables et donc destinées à être simplement jetées.
Ce n’est pour autant pas le début de la fin pour les e-cigarettes, bien au contraire. Pour combattre le tabagisme qu’il érige en “enjeu de santé publique majeur", François Braun mise sur les substituts nicotiniques sous forme de cigarettes électroniques dont il envisage d'étendre la prescription aux pharmaciens. Le ministre compte sur un arrêt progressif de la dépendance à la nicotine chez les fumeurs jusqu’à un arrêt total.
Pour le chef du service addictologie au CHU Réunion, "le vapotage comme moyen de sevrage est une proposition intéressante", même si le dispositif n’a pas été développé dans le cadre de la recherche en pharmacologie, avec des techniques de développement médicales. S’il existe là aussi une panoplie de saveurs, elles sont beaucoup moins mises en avant que pour les versions jetables, avec un packaging beaucoup plus discret, explique-t-il .
“La cigarette électronique peut être vue comme un outil de réduction des risques et des dommages, un concept important en addictologie”, avance-t-il.
Moins nocifs que le tabac, mais pas inoffensifs
Si les études sur le sujet ne convergent pas toutes, selon l'addictologue “c’est une forme de substitut qui est beaucoup moins dangereux que le tabac”, bien qu’il y ait “des incertitudes à long terme sur l’utilisation de ces outils”, alerte-t-il avant de poursuivre : “On sait en tout cas qu’ils ne sont pas inoffensifs, mais restent moins nocifs que le tabac”, .
Passer de fumeur à vapoteur pourrait être une transition pragmatique, reste ensuite aux vapoteurs à réussir à s’en séparer un jour. “On sait qu’il y a des personnes qui n’arriveront pas à arrêter le vapotage", prévient le docteur Mété qui voit avant tout l’arrêt de la cigarette comme un bénéfice pour la santé de l’utilisateur.
Concernant les autres substituts comme le tabac à chauffer ou à chiquer, le gouvernement prévoit une taxation équivalente à celle des cigarettes qui coûtent aujourd’hui environ 11 euros pour un paquet de 20.


