Suspendu pour faute grave, un chauffeur de Citalis en grève de la faim devant le dépôt de bus

Visé par une procédure de licenciement après un contrôle positif aux stupéfiants, un chauffeur employé depuis 34 ans par Citalis manifeste depuis trois semaines pour obtenir son reclassement.
Cela fait déjà trois semaines que Johnny Nagou, 57 ans, se présente tous les matins à l’entrée de son lieu de travail, sous le regard navré de ses collègues. Chauffeur de bus du réseau Citalis pendant 34 ans, le Dionysien passe ses journées là sans manger, buvant à peine, pour protester contre une situation qu’il juge « injuste » compte tenu de son ancienneté dans la société.
Du CBD "pour soulager les douleurs"
L’homme, élu au CSE de la Sodiparc, est visé par une procédure de licenciement pour faute lourde, à la suite d’un contrôle positif aux stupéfiants réalisé le 6 octobre dernier sur le mail du Chaudron. « C’est vrai, j’étais positif mais c’est parce que je prends du CBD sur mes jours de repos pour soulager les douleurs liées à un début de cancer de la prostate », affirme le quinquagénaire.
"Un coup monté"
Son permis suspendu pour six mois, il ne revendique pas de reprendre une place de chauffeur, mais souhaiterait être réintégré à un poste non-roulant. « Ils pourraient me mettre au lavage des bus ou à n’importe quel poste où il n’y a pas besoin de conduire », propose l’ancien conducteur, estimant « être victime d’un coup monté. » « J’ai été dénoncé, parce que par le passé j’ai déjà été sanctionné pour avoir protesté contre le mauvais état des bus », soupçonne Johnny Nagou, qui dit également avoir été « lâché » par son syndicat.
"Tolérance zéro" à la Sodiparc
Une thèse que réfute totalement son employeur. « Nos chauffeurs sont parfaitement informés qu’ils peuvent faire l’objet de contrôles stupéfiants ou alcoolémie. Il a fait le choix de consommer, il doit assumer. Notre politique sur ce point, c’est la tolérance zéro, car la sécurité de nos passagers est en jeu » appuie Nicolas Rupert, directeur général.
La proposition de l’ancien chauffeur d’être reclassé au sein de la société est pour lui inenvisageable. « Quel message on enverrait aux autres conducteurs ? Qu’on peut avoir une deuxième chance alors qu’on a enfreint la règle ? », interroge le DG.
37 chauffeurs contrôlés ce jour-là
« On reste ferme sur le sujet, et ce n’était en aucun cas dirigé contre ce salarié même s’il n’en est pas à sa première sanction disciplinaire. Ce jour-là, 37 chauffeurs ont été contrôlés, et ils sont deux à avoir été trouvés positifs. D’ailleurs, le deuxième a compris son erreur et ne conteste pas », souligne Nicolas Rupert.
Un nouveau pas dans la procédure interviendra le 26 novembre, Johnny Nagou étant convoqué devant la Deets qui doit valider le licenciement d’un salarié protégé. D’ici là, celui-ci compte bien tenir le siège de la Sodiparc, même s’il commence à être affaibli par les privations qu’il s’inflige. « J’ai fait cinq Grand Raids », assure-t-il, « alors je peux continuer. »
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