Surpopulation carcérale, dédain ministériel... le syndicat Ufap-Unsa Justice en grève ce lundi

Mouvement national trouvant un écho à La Réunion : devant la prison de Domenjod ce lundi matin, le syndicat Ufap-Unsa Justice s'est mobilisé pour dénoncer les conditions qui ne cessent de se dégrader.
La pluie n'a pas arrêté le mouvement : dès le point du jour, c'est une trentaine d'agents travaillant au centre pénitentiaire de Domenjod qui ont planté le piquet de grève aux portes de l'établissement. Pas de blocage, la prison fonctionne et pourtant la colère est grande.
Faisant écho à un mouvement national lancé par le syndicat Ufap-Unsa Justice, cette action vise à alerter les pouvoirs publics sur la situation, qui depuis plus de 3 ans à La Réunion, est au bord de l'implosion dans les prisons.
Une surpopulation carcérale alarmante
« Nous avons des problématiques récurrentes », déclare Samuel Fontaine, secrétaire général Ufap-Unsa Justice Réunion Mayotte. « Il faut savoir que sur le centre pénitentiaire de Saint-Denis, nous avons 1000 détenus incarcérés pour 576 places », comme le syndicaliste l'a rappelé hier sur Zinfos974.
Là où le couvercle déborde, c'est concernant les incarcérations dans le quartier féminin du centre pénitentiaire de Domenjod. Selon Samuel Fontaine, le pic de surpopulation est le plus élevé en France, franchissant un cap inquiétant. « Elles sont 80 pour 28 places », alerte-t-il. Une situation expliquée en partie par l'arrivée récurrente de mules à La Réunion, souvent des jeunes femmes. « La situation est déplorable, sans une nouvelle construction à La Réunion, on ne pourra pas indéfiniment faire face ».
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Une nouvelle prison à Saint-Pierre ?
Point de crispation pour les grévistes ; la visite de Gérald Darmanin en février dernier, garde des Sceaux : « Sa visite n'a rien apporté de plus pour le personnel pénitentiaire », peste le délégué syndical. Les prisons sont un « paquebot qui déborde sans marin », la création de la prison de Saint-Pierre est toujours au cœur des revendications syndicales.
« On nous promet depuis des années et des années la création de la prison de Saint-Pierre et qui tarde à arriver. Ils sont aussi surplombés par le nombre de détenus. 200 pour 110 places, vous voyez, la situation est extrêmement grave à La Réunion et dans l'Hexagone : on craint un drame dans les jours ou les semaines qui viennent », conclut le secrétaire général Ufap-Unsa Justice Réunion Mayotte.
Pour l'heure, le mouvement pourrait être reconduit si les revendications ne sont pas prises en compte au niveau national.


