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L’inquiétude des salariés d’Au rayon de soleil, alors que la société d’aide à la personne de Saint-Benoît a été mise en liquidation

Ecrit par S.G. – le jeudi 18 juin 2026 à 07H52
L'un des candidats à la reprise d'Au rayon de soleil a échangé avec les salariés.

Plusieurs dizaines d’assistantes de vie aux familles employées par la société bénédictine Au rayon de Soleil se sont regroupées devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis, après avoir appris récemment la liquidation imminente de l’entreprise.

« C’est injuste. La patronne était encore présente à notre pot de fin d’année, elle a dansé et chanté au karaoké mais ne nous a rien dit. » Comme ses autres collègues employées comme assistantes de vie aux familles (ADVF) par l’entreprise d’aide à la personne Au Rayon de Soleil, Marie-Thérèse est tombée de l’armoire en apprenant il y a quinze jours que la société bénédictine allait faire l’objet d’une liquidation judiciaire.

Aussi, elles étaient une cinquantaine de salariées à se réunir mercredi 17 juin devant le palais de justice de Champ-Fleuri à Saint-Denis pour manifester leur désarroi, alors que le tribunal mixte de commerce (TMC) devait procéder à l’examen des offres de reprise formulées par trois autres sociétés.

"Salariées traumatisées"

« Les salariées sont traumatisées, nous ne savions même pas que la société était en redressement judiciaire depuis 2018. On n’a eu aucune communication de la part des dirigeants », assure une représentante du personnel de l’entreprise qui emploie 102 salariés au service de 300 bénéficiaires un peu partout dans l’île, pour un chiffre d’affaires d’environ 2 millions d’euros annuel.

Selon les informations recueillies sur place, la société fondée en 2010 et dirigée depuis 2013 par Alicia Hayano, 65 ans, accuserait une dette sociale avoisinant les 900.000 euros, qu’elle n’a su apurer complètement en huit ans de procédure collective. Ce qui a amené le TMC à prononcer, le 6 mai dernier, la résolution du plan de redressement avec liquidation judiciaire immédiate.

« Elle nous a dit de ne pas nous inquiéter, qu’il y avait une dette mais que ça allait passer. Et maintenant on craint de perdre notre travail » déplore une autre employée, tandis qu’une de ses collègues brandit une pancarte sur laquelle est écrit : « Arrête roule a nou ».

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Trois repreneurs en lice

« A quoi cela aurait-il servi, à part démoraliser les salariés ? », justifie Alicia Hayano, la gérante. « Aujourd’hui, la société a vu son agrément renouvelé et les offres reçues prévoient de reprendre l’intégralité des salariés, alors que la dette va rester à l’employeur. C’est-à-dire moi, qui n’ai plus touché un centime depuis que la société a des difficultés », affirme la cheffe d’entreprise. Des difficultés liées, selon elle, à l’augmentation des charges que la société n’a pu absorber et une déclaration de créance de 100 000 euros venue s’ajouter alors que le plan touchait à sa fin.

« On a tout essayé. Pour nous aussi, c’est quinze ans de notre vie qui prennent fin. En tout cas, les salaires ont toujours été versés, le personnel a acquis des compétences à travers des formations, et la convention collective est plus avantageuse que chez d’autres », défend encore la dirigeante.

Alors que les trois repreneurs en lice (Domissori, Maxadom et Pluie d’Or) ont récemment formulé des offres réévaluées, l’avenir d’Au rayon de soleil et de ses salariés est suspendu à la décision du tribunal, qui a été mise en délibéré au 25 juin.

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