"On n’arrive plus à absorber", situation explosive et colère noire à la prison Domenjod lundi dès l’aube

Surpopulation record, effectifs en chute libre et tension permanente. L’UFAP UNSA Justice appelle à une mobilisation dès l’aube lundi 27 avril devant la prison Domenjod de Saint-Denis.
Les agents tirent la sonnette d’alarme. Encore une fois... Et derrière les murs de la prison de Domenjod à Saint-Denis, la pression va monter d'un cran. L’UFAP UNSA Justice Réunion Mayotte, première organisation syndicale sur le territoire, appelle à une mobilisation massive lundi 27 avril à partir de 6h15. Une action qui se veut à la hauteur de la crise décrite par les personnels pénitentiaires, confrontés à une surpopulation carcérale et à un manque d’effectifs jugé "critique".
Dans un communiqué, le syndicat dresse un constat sans détour. "Alors que la population ne cesse d’augmenter sur l’île, plus de 500 détenus sont hébergés au-dessus de notre capacité d’hébergement, près de 1.000 détenus pour 576 places à Saint-Denis dont 80 pour 28 places à la maison d’arrêt femme, 200 détenus pour 110 places à Saint-Pierre".
Une situation qui, selon eux, devient "intenable au quotidien".
Densité carcérale
À cette densité carcérale s’ajoute un déficit humain. "Nous devons nous confronter à un manque d’effectif qui devient alarmant, moins 23 surveillants sur Saint-Denis, moins 15 sur Le Port et 15 conseillers d’insertion et de probation", alerte encore l’organisation. Tous les personnels, "tous corps et grades confondus", font face à "une charge de travail exponentielle liée à cette surpopulation carcérale qu’on n’arrive plus à absorber".
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Ce cri d’alerte intervient quelques semaines après le passage du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, à La Réunion. Une visite qualifiée de "passage éclair" et de "flop" par plusieurs observateurs locaux. Le déplacement à la prison de Domenjod s’est déroulé "sous un silence de plomb", sans annonces majeures ni réponses concrètes aux inquiétudes des agents.
Dans ce contexte, la mobilisation annoncée prend une dimension particulière. Elle traduit un ras-le-bol profond face à une situation que les syndicats estiment "ignorée au plus haut niveau de l’État".
Car derrière les chiffres, ce sont aussi les conditions de travail et la sécurité des personnels qui sont en jeu, tout comme celles des détenus.


