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Surf : Une zonex à Étang-Salé en 2025 ?

“Plus de protection à moyens constants”, c’est l’objectif de Philippe Malizard, sous-préfet de Saint-Paul, qui annonce que l’État change son fusil d’épaule vis-à-vis des patrouilles de protections contre les requins. Avec l’enveloppe de 1,8 million d’euros par an, et jusqu’en 2027, l’État veut fusionner les water-patrols de Saint-Leu et les Vigies Requins Renforcées (VRR). La mission, confiée à une nouvelle association, promet d’ouvrir plus de spots, avec en ligne de mire le Simulateur d’Étang-Salé. Saint-Pierre, et l’embouchure de la rivière d’Abord sont aussi envisagés, reste à convaincre les municipalités.
Ecrit par Maxime Bonnet – le vendredi 13 septembre 2024 à 17H41

“Mutualiser les moyens”, voilà le mot d’ordre du projet autour de la nouvelle politique de sécurisation des spots de surf de l’île. Pour l’instant, deux dispositifs coexistent, avec d’un côté les VRR, organisées par la Ligue Réunionnaise de Surf (sur Trois-Bassins et Saint-Paul), financées par la Région, l’État et des communes, et les water-patrols, mises en place à Saint-Leu par la Leu Tropical Surf Team, également financée par l’État, mais aussi par le Département et la commune de Saint-Leu.

Pour ces deux dispositifs de sécurisation, l’État met sur la table 1,8 million d’euros par an jusqu’en 2027. “Pour être plus efficace, nous souhaitons réunir ces deux structures en une seule. Pour cela, on souhaite que la Ligue et la Leu Tropical Surf Team accepte de fusionner leurs équipes dans une nouvelle association, neutre, qui récupérera la mission. On espère pouvoir basculer sur ce schéma au 1er janvier 2025, et pour l’instant, d’après les premiers retours des principaux intéressés, l’idée séduit”, explique Philippe Malizard, sous-préfet de Saint-Paul, et également président du GIP (groupement d’intérêt public) derrière le CSR (centre sécurité requin).

D’abord le Simulateur...

Pour celui qui se présente lui-même comme le “monsieur requin de la préfecture” confirme aussi la volonté “d’ouvrir d’autres spots, comme Étang-Salé. La commune avait déclaré sa volonté de participer au projet. On espère voir une nouvelle zonex d'ici au début 2025, mais les conditions doivent être réunies. En offrant de nouvelles zones aux surfeurs, nous voulons les convaincre d’aller vers la sécurité. Il y a encore trop de gens qui surfent en dehors des périmètres établis. Je reconnais moi-même qu’il y a un esprit de liberté dans le surf, mais il faut entendre raison”, poursuit le haut fonctionnaire.

Surf : Bientôt une nouvelle ZONEX à l’Étang-Salé ?

C’est d’ailleurs au nom de ce principe de précaution que l’obligation de disposer d’un DRE (Dispositifs de Répulsion Électrique individuel) ne sera pas remis en cause, même dans un spot considéré plus facile à protéger, comme le simulateur. “On fera les choses dans l’ordre, si des preuves scientifiques permettent de trancher que ce n’est pas nécessaire, on verra”, clarifie le sous-préfet. “Entre un DRE à 500 euros et ma jambe, le choix est vite fait”, nuance de son côté Christophe Mulquin, figure du surf péi et chargé de mission au CSR.

Avant un virage vers Saint-Pierre ?

Les journées du mercredi, samedi et dimanches, ainsi que les vacances scolaires sont sérieusement étudiées comme possibilité de patrouilles pour sécuriser les surfeurs. Philippe Malizard évoque même Saint-Pierre, “même si nous n’en avons pas encore discuté avec la mairie”. Dans ce cas, c’est l’embouchure de la rivière d’Abord, et donc le célèbre spot de la jetée qui est dans le viseur. “On va encore dire, pourquoi autant d’argent pour les surfeurs ? Justement, nous voulons élargir leur champ d’action, car ce sont une quarantaine de personnes qui, tous les jours ou presque, sont dans l’eau”, poursuit le sous-préfet.

Ressac reprend le flambeau

Pour reprendre cette mission cruciale, alors que La Réunion renoue avec les compétitions de surf, c’est l’association Ressac (Réseau d'éducation et de sauvetage pour la sécurité des activités côtières) qui a été choisi. Afin de mieux répondre à ce rôle, l’association sera désormais sous la tutelle de la FFSS (Fédération Française de Sauvetage et de Secourisme). “En 2023, la water-patrol est intervenue une vingtaine de fois, dont seulement une fois pour une observation de requin. Ils sont venus en aide à des pêcheurs en apnée, des nageurs, des kayakistes. Les patrouilleurs de Saint-Leu sont même déjà venus en aide à un parapentiste qui avait atterri dans l’eau. Ils font aussi de la veille environnementale, notamment pour Kélonia”, explique Nathalie Verlinden, la présidente de Ressac. “En ajoutant des spots, on veut aussi désengorger celui de Trois-Bassins, qui offre de bonnes conditions pour les écoles et les débutants. Cela va offrir de la place aux surfeurs”, développe la présidente de Ressac, par ailleurs biologiste marine et présidente du festival du film d’aventure de La Réunion.

Créée seulement le 5 août dernier, cette nouvelle structure va d’abord attendre les conclusions d’un cabinet de ressources humaines qui va s’entretenir avec les équipes des deux dispositifs. "Ils nous ont présenté leur projet, qui rentrait dans notre objectif de faire plus à moyen égal. La stratégie de confier cette mission à une association était réfléchi depuis un moment, et le choix de Ressac a été validé en conseil d'administration", détaille Willy Cail, le directeur du CSR. Pour éviter les doublons et vérifier la complémentarité des qualifications de tout le monde, cette aide extérieur était indispensable. “Un audit financier a également été demandé par les collectivités qui finançaient les VRR et la water-patrol. L’objectif est que l’association récupère des actifs et non pas des passifs. Cela permettra aussi de prouver que l'argent a bien été géré”, annonce aussi le sous-préfet.

Rendez-vous donc à l’année prochaine pour voir si le pari sera tenu.

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