Suppressions de postes… quelles conséquences pour l’école de nos enfants ?
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Beaucoup de mouvements sociaux en ce moment nous interpellent…
Les responsables nous expliquent que la contrainte budgétaire actuelle doit permettre d'ouvrir les yeux et de changer de regard et d’esprit et de rappeler que "depuis vingt-cinq ans dans l'Éducation nationale et quel que soit le gouvernement, la principale politique a consisté à ajouter des moyens aux moyens".
La question que nous nous posons : Comment passer du "toujours plus" au "toujours mieux" ?
Nous savons que la tension sur les moyens est une contrainte nouvelle qui s’impose sur le long terme … En référence à l’enquête PISA , notre système dérive doucement et que cet "affaissement est grave".
Il faudrait mieux typer les priorités , c’est à dire "éviter de diminuer les moyens à l’aveugle"… comme en ce moment. La liaison entre les moyens et la réussite est faible, pas nulle mais faible…
Il est inutile de faire des dépenses nouvelles sans contrepartie.
Il n’est pas normal d’augmenter le salaire des enseignants sans contrepartie .
Il ne faut pas croire que donner plus de moyens sur telle ou telle action éducative ne donne rien. Il y a des rendements de l’éducation qui se mesurent .
Mais ne pas oublier que l'affaiblissement des résultats du système éducatif est très important.
Pourquoi s'interdirait-on de faire le lien entre une baisse des résultats et une baisse des moyens ?
La taille des classes :
La taille des classes compte, mais il ne faut pas que la baisse soit marginale. Pour que les performances des élèves s’améliorent, il ne suffit pas de faire passer leur nombre de 23 à 22 avec des professeurs inexpérimentés, mais il faut passer de 23 à 17 en gardant les mêmes profs. Nous trouvons des améliorations sensibles de résultats dans le primaire lorsqu’on passe, par exemple, de 22 élèves à 17.
Certes, comme nous le répète le ministre Luc Chatel , beaucoup de moyens ont été accordés à l’Education Nationale sans que les résultats soient à la hauteur des dépenses de la nation. Il est exact que les dépenses d’éducation ont augmenté au rythme de 5% par an entre 1987 et 1993, contre 1 à 2% jusqu’alors. Mais ne pas oublier que c’est l’époque où l’on crée les bacs professionnels, double les places en section de technicien supérieur (STS) et en institut universitaire de technologie (IUT), où l’on achève la mise en place du collège unique .
C’est un investissement qui a de super rendements pour la collectivité. Des emplois mieux rémunérés génèrent plus d’impôts, moins de chômage, et donc moins de dépenses sociales. Chaque fois que l’on a fait l’effort d’augmenter d’un an la formation d’une classe d’âge, on génère un surcroît de ressources pour la société qui va bien au-delà de ce que coûte l’investissement initial.
Ne pas investir, c’est renoncer à ce bénéfice.
La formation :
Il faut mettre des moyens sur trois facteurs de réussite : des "professeurs formés et heureux", un "pilotage offert aux chefs d'établissement" et "un climat scolaire correct", n’est-ce pas ?
1) La formation des enseignants ? Une catastrophe dénoncée par tous les acteurs du système éducatif.
2)Les remplacements ? Ce manque de moyens de remplacement commence à créer de fortes tensions également dans le secondaire et le primaire. On gère en priorité les écoles où les parents d'élève sont remuants.
3)Le moral des enseignants ne cesse de baisser comme le confirment toutes les enquêtes les plus récentes et les grèves .
4)Le pilotage des établissements ne fait pas l’objet d’une véritable réforme de fond … La prime donnée aux chefs d’établissement est imbécile parce qu’elle prétend renforcer leur autorité , alors qu’elle l’affaiblit puisqu’elle isole les chefs d’établissement des personnels en ouvrant la voie du soupçon.
5)L’aide administrative aux directeurs d’école. Pour des raisons budgétaires, le ministère de L’Education Nationale l’a supprimée de façon considérable . Des réformes ont été mises en œuvre, puis démises… Des rapports ont été écrits et transmis au ministre … Et malgré cela, aucune amélioration n’est venue soulager le quotidien des directrices et directeurs d’école .
6) L’aide personnalisée… Un artifice pédagogique pour masquer une réalité comptable liée au dogme de la suppression d’un fonctionnaire sur deux admis à la retraite…
Ces suppressions de postes nuisent le système éducatif . Nos enfants paieront un de ces jours et la note sera salée !
Il est encore temps de faire des corrections intelligentes !
Noé Babet


