SPL Sudec : André Thien-Ah-Koon, condamné en appel à 5 ans d'inéligibilité, perd ses mandats

Le 21 mars dernier, le maire du Tampon et président de la CASUD répondait à sa demande de faits de prise illégale d’intérêts qui ont pour origine un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) en juin 2020. Deux ans après la création de la SPL Sudec qui a vocation à gérer les déchets ménagers dans le Sud, les magistrats financiers mettaient en effet en lumière des dysfonctionnements au sein de la structure et posaient la question de la légalité du recrutement de Christelle Mondon au poste de présidente du directoire.
Bien que disposant de diplômes « prestigieux » et d’expériences au sein de grandes compagnies internationales, celle-ci ne possédait cependant pas les compétences requises dans le domaine de la collecte et de la gestion des déchets ménagers. Le cabinet de recrutement en charge de trouver la personne adéquate n'avait d'ailleurs pas validé sa candidature.
Pourtant, les recruteurs l’affirment, la collectivité aurait insisté pour que le CV de celle qui avait pour projet de revenir dans son île soit sélectionné parmi les quatre finalistes. De quoi éveiller des soupçons puisque la candidate est la sœur de la 2e adjointe au maire du Tampon et fille d’Ary Mondon, qui fut l’un des adjoints historiques d’André Thien-Ah-Koon pendant 19 ans.
Devant le tribunal correctionnel, Christelle Mondon avait été poursuivie pour recel de bien provenant de prise illégale d’intérêts par un chargé de mission de service public. Face à la pression, elle avait démissionné de son poste en mars 2020.
En première instance, André Thien-Ah-Koon avait été condamné à 6 mois de prison avec sursis ainsi qu'une peine d'inéligibilité de 3 ans et 5000 euros d’amende. Son avocat avait immédiatement annoncé faire appel de cette décision alors que Christelle Mondon, quant à elle, était condamnée à 3 mois de prison avec sursis, 2500 euros d’amende, 3 ans d’inéligibilité et l’interdiction d’exercer dans la fonction publique durant cette période, et avait accepté sa sanction.
A la barre du prétoire de la rue Juliette Dodu, le maire de Tampon, 84 ans, n'avait pas pu donner beaucoup plus d'explication à la cour oubliant même pourquoi il avait été condamné en 2005 pour des faits de même nature de 1991 à 1995. TAK avait écopé de 100.000 euros d'amende qui ont été réglés. Une perte de mémoire que le ministère public n'avait pas manqué de relever.
Pour le parquet général, l'embauche de Christelle Mondon était "fléchée" même avant que ne paraisse l'offre d'emploi. André Tien-Ah-Koon y aurait trouvé un intérêt indirect et moral de par les liens qui l'unissaient à la famille. La loi de 2021 pointe la compromission de l'objectivité, de l'impartialité et de l'indépendance pour qualifier certains cas de prise illégale d'intérêt.
Le parquet général avait requis 8 mois de prison avec sursis, 10.000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Les avocats de l'édile avaient plaidé la relaxe.
Ce jeudi, l'intéressé a été condamné en appel à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire et 8 mois avec sursis et une amende de 10.000 euros. Il perd immédiatement ses mandats.


