Speed boat échoué à Ste-Rose : Le maillon réunionnais laissé libre

Lundi 24 avril dernier, à Sainte-Rose, un speed boat était retrouvé échoué à l’Anse des cascades. Mais sur place, ni marchandise, ni équipage. L’enquête avait cependant permis d'avancer des pions sur l'échiquier d'une livraison de stupéfiants pour Maurice au départ de La Réunion qui aurait été interrompue à cause de l'avarie d'un moteur. A la manoeuvre, un trio de Mauriciens qui aurait chargé sa marchandise à Saint-Phillipe avant de tomber en panne et de se retrouver obligés d'échouer à Sainte-Rose.
Selon les premiers éléments, l'embarcation livrait des serins de Maurice vers La Réunion et devait repartir chargé de cannabis en sens inverse. Le trio n'évoluait pas seul puisqu'un Réunionnais est soupçonné d’avoir contribué au transport de drogue jusqu’au bateau des Mauriciens. Mis en examen pour des faits de participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre un délit, détention et usage de stupéfiants, le septuagénaire avait juré que les 1400 g de cannabis retrouvés chez lui correspondaient à sa consommation personnelle.
Placé un premier temps en détention provisoire, le mis en cause a bénéficié il y a quelques jours d'un placement sous contrôle judiciaire décidé par le juge des libertés et de la détention. Une décision incompréhensible pour le parquet qui a fait appel.
Ce mardi, l'intéressé comparaissait devant les magistrats de la chambre de l'instruction. Lors du rappel des faits, la quantité évoquée de drogue qui devait transiter vers Maurice est énorme : 100 kilos de cannabis. La veille de la découverte du speed boat vide, le septuagénaire serait revenu de l'île Maurice "justement", a fait valoir le parquet général requérant son retour derrière les barreaux. Mais l'homme serait un musicien de Sainte-Suzanne donnant des concerts sur l'île soeur, d'où ses nombreux déplacements inter îles. Même réponse concernant les milliers d'euros retrouvés sur son compte bancaire régulièrement alimenté avec du cash selon les enquêteurs : la passion de la musique...
En creux, l'avocate du suspect a indiqué que les gardes à vue n'avaient pas respecté les procédures et que le jour d'un vraisemblable procès réunissant le quatuor, une demande de nullité serait plaidée.
En attendant, les magistrats de la rue Juliette Dodu n'ont pas fait droit à la demande du parquet.


