SOS Animaux 974 fait fermer des groupes internet d'échanges d'animaux

C'est une victoire provisoire mais saluée comme une avancée par les membres de SOS Animaux 974. Huit groupes postant régulièrement des petites annonces de vente et d'échanges d'animaux (chats, oiseaux mais surtout des chiens) ont été définitivement bloqués par les administrateurs du célèbre réseau social Facebook. Un chien échangé contre un GSM ou une console de jeu, le tout sans carnet de suivi ni de vaccination : voici le type d'annonces devant lesquelles les bénévoles tombent régulièrement. Il fallait agir.
"Nous avons signalé aux modérateurs de Facebook le caractère irrégulier au regard de la loi des annonces qui se trouvaient sur ces pages", explique Jean-Pierre Laffitte, président de SOS Animaux Réunion. Ce dernier salue par la même occasion l'entraide exceptionnelle entre toutes les associations de la place qui se consacrent à la cause animale. "Tout le monde y est allé de son clic de signalement, ce qui a eu pour effet d'appuyer notre demande auprès des administrateurs de Facebook", fait-il remarquer.
Outre l'aspect immoral sur lequel il ne souhaite pas s'étendre puisque la loi française considère toujours l'animal comme un bien meuble, c'est bien sur les conditions de la vente ou de l'échange qu'il fourbit ses armes. Expérience du terrain aidant.
"La loi oblige, dès lors qu'un chien change de propriétaire, qu'il soit identifié, par puce électronique maintenant, mais aussi qu'il soit à jour de ses vaccinations". Manifestement, les annonces publiées ne respectaient pas l'une et/ou l'autre de ces préalables, déplore-t-il. Plus inquiétant pour la santé des chiots, leur vaccination ne peut intervenir avant leur 8 semaines de vie. Certaines annonces entrevues s'affranchissaient largement de cette prérogative.
"Il y a aussi les ventes répétées", signale-t-il. Jean-Pierre Laffitte rappelle qu'au-delà d'une portée par an dont le propriétaire en tire bénéfice, il doit s'inscrire au titre d'éleveur canin. "C'est un véritable marché", expose sans se résigner pour autant le président de cette association reconnue pour ses sauvetages de chiens, chats en danger, maltraités ou malades.
Plus de 60 annonces sauvages
Au total, sur les 8 groupes Facebook d'échanges d'animaux, plus de 60 annonces sauvages ont été soigneusement repérées. 11 utilisateurs particulièrement actifs ont été bannis. Mais la démarche de SOS Animaux ne s'arrête pas en si bon chemin. "Même si nous imaginons bien que le procureur de la République a d'autres priorités que la protection animale, on va lui fournir les recueils de conversation en notre possession. Au moins, nous lui mâcherons le travail", ironise Jean-Pierre Laffitte.
L'appel à la vigilance dépasse l'Internet. "Nous avons pu constater que des personnes qui venaient soi-disant adopter des chiens de race remis sur pied par nos bénévoles, s'en s'ont servi pour les revendre au prix fort. Les exemples de ces chiens husky viennent comme un rappel à l'ordre. "Identifié, vacciné, stérilisé : le chien sort de chez nous contre un forfait compris entre 100 et 150 euros, en guise de participation minimale contre les soins apportés. Nous nous rendons compte que des personnes mal intentionnées profitent de ce prix très bas pour adopter des chiens de race qu'ils revendent beaucoup plus cher au prix du marché". Là aussi l'association appelle à la vigilance, tant dans ses rangs que chez les autres associations.



