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Sondage : Les Réunionnais ne veulent pas entendre parler d'évolution statutaire et de lois différentes

Il y a urgence à ne rien changer. Les Réunionnais demeurent attachés au cadre institutionnel qui prévaut depuis 1946. Bien que la tentation de certains mouvements politiques d'explorer d'autres horizons institutionnels refait surface de temps à autre, les Réunionnais interrogés par l'institut Sagis pour le compte du Département marquent clairement leur souhait de conserver le même cadre institutionnel que celui existant pour les départements de l'Hexagone. Un cadre législatif différencié du national n'est lui aussi pas plébiscité.
Ecrit par Ludovic Grondin – le jeudi 8 septembre 2022 à 05H13

La rentrée politique nationale est synonyme d’ouverture d’un débat sur l’évolution de l’intervention publique en Outre-mer. Emmanuel Macron recevait hier soir les présidents des grandes collectivités ultra-marines pour lancer les bases d’une réflexion sur la « refondation de la relation entre les territoires domiens et la République » telle que souhaitée par les élus ultra-marins signataires de "l'Appel de Fort-de-France" en mai dernier.

Afin de mieux cerner les attentes de la population, le Département de La Réunion a commandé auprès de l’institut de sondage Sagis, une étude d’opinion portant sur l'éventuelle évolution statutaire du territoire et le souhait des Réunionnais de voir un cadre législatif différencié de l'Hexagone. Au fil des réponses obtenues à partir d’un échantillon de 500 personnes représentatif des habitants de La Réunion de 18 ans et plus, il en ressort un fort attachement au statu quo. 

Les Réunionnais qui se sont livrés dans ce questionnaire mené par téléphone du 23 août au 2 septembre 2022 semblent ainsi très peu tentés par une évolution du cadre institutionnel actuel. La non fusion des lieux de pouvoir, entre d’un côté le Conseil régional et de l’autre le Conseil départemental, est également confortée dans cette étude d’opinion alors que la question de la création d’une collectivité unique refait régulièrement surface.

Cette étude reflète globalement la très grande réticence des Réunionnais à vouloir tenter une « aventure » institutionnelle. Le cadre rassurant des lois appliquées tant au national que dans leur territoire ultra-périphérique emporte l’adhésion d’une large majorité des personnes interrogées. Découvrons ensemble les principaux résultats de cette étude d'opinion :

68% des personnes interrogées estiment que la Départementalisation a été « une très bonne chose » pour La Réunion et les réunionnais, 29% une « assez bonne chose »; 3% sont d’un avis inverse :

76% estiment qu’il vaut mieux avoir « les mêmes lois qu’en France » (81% des 50 ans et plus), 22% sont d’un avis inverse (26% des hommes, 34% des 18-34 ans) :

A choisir, 70% se déclarent « départementalistes » (80% des 50 ans et plus); 19% « autonomistes » (29% des 18-34 ans, 25% des 35-49 ans); 10% « ni l’un ni l’autre » ou ne se prononcent pas :

A choisir, 57% préfèrent garder le Département séparé de la Région (68% des 18-34 ans, 65% dans le Nord) quand 38% préfèrent une « assemblée unique » (50% des 35-49 ans, 47% des CSP+) :

89% préfèrent que la Réunion garde son statut actuel alors que 8% préféreraient un changement de statut qui irait vers celui d’une collectivité d’outremer, à l’image de la Nouvelle Calédonie ou de la Polynésie Française :

Pour autant, questionnés sur leur préférence pour le vote des lois, 61% préfèrent qu’elles soient votées à Paris, à l’Assemblée Nationale (69% des 50 ans et plus, 72% dans le Nord), alors que 36% préféreraient que les lois soient votées à La Réunion, par les élus locaux en Assemblée locale (46% des 18-34 ans, 41% des 35-49 ans, 49% dans l’Est) :

Sur le découpage éventuel de grandes communes, les avis sont partagés : 17% des personnes interrogées estiment que ce serait « une très bonne chose » (26% dans l’Ouest), 30% une « assez bonne chose »; 22% une « assez mauvaise chose », 26% une très mauvaise chose. 44% estiment néanmoins que cela pourrait améliorer les services rendus aux habitants (53% des CSP+, 54% dans l’Ouest); 26% que cela dégraderait les services rendus (40% dans l’Est), 27% que cela ne changerait pas les services rendus :

Méthode d’enquête :

• il a été réalisé une étude par sondage téléphonique, sur la base méthodologique suivante :
 - Echantillon représentatif des habitants de La Réunion de 18 ans et plus
 - Taille de l’échantillon interrogé : 500 individus
 - Quotas : sexe, âge et PCS du répondant, après stratification géographique des interviews par commune (quotas sur les arrondissements administratifs INSEE NSEO)
 - Questionnaire administré à La Réunion par des enquêteurs bilingues (français / créole réunionnais)
 - Les items de réponse pour les alternatives soumises ont été proposés en ordre aléatoire, pour éviter les biais
d’effet d’ordre.

• Les interviews ont été réalisées par téléphone, fixes et mobiles, du 23 août au 2 septembre 2022.

• Marge d’erreur maximum, à 95% de probabilités : 4,5% (en plus ou en moins) des résultats observés sur l’ensemble des 500 personnes interrogées (TOUS) effectif N=500.

• Les résultats sur l’ensemble sont extrapolables : 1% = 6 400 personnes environ (Insee 2022).

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